Istanbul: Le patriarche Bartholomée 1er prend la défense du patriarcat de Moscou
Rome/Istanbul, 9 mai 2003 (Apic) Le patriarche de Constantinople, Bartholomé 1er, estime « justifié » le refroidissement des relations entre le patriarcat de Moscou et l’Eglise catholique. Volant au secours du patriarcat de Moscou, il accuse Rome de « profiter du malaise d’une Eglise russe blessée en train de chercher à répondre aux exigences de ses propres fidèles ».
Dans un entretien accordé au quotidien italien « Il foglio » en date du 8 mai, Bartholomée 1er a ainsi souligné que l’action entreprise par le Saint- Siège en Russie « ne sert pas à satisfaire les exigences des catholiques, mais à créer des structures qui utilisent en faveur de l’Eglise catholique, le malaise d’une Eglise russe blessée ».
Sur la question uniate, le patriarche a estimé qu’elle n’est « pas la cause actuelle des problèmes, mais en est certainement une des causes ». Pour lui, « l’Eglise catholique a utilisé des méthodes et des moyens parfaitement terre-à-terre pour sa propre domination aussi bien dans le passé – comme en témoigne l’histoire – que dans le présent – comme le démontre la question uniate ». Le patriarche de Constantinople reproché à l’Eglise catholique « d’accueillir des fidèles qui, bien que n’acceptant pas la tradition catholique – en particulier liturgique – acceptent de reconnaître le pape comme chef de leur Eglise ». Un mode de penser qualifié par le patriarche de « séculier parce qu’il use des critères sécularisés (le seul englobement des fidèles) et non pas spirituels (de quelle foi est porteur celui qui est englobé) ».
Jugeant les appels du pape à l’unité « sincères » et les rapports interpersonnels entre les deux Eglises « améliorés », Bartholomé 1er a estimé cependant que « les rapports purement ecclésiologiques se trouvent sur le même niveau incertain de désaccord concernant de nombreuses questions ». Selon le patriarche de Constantinople, l’unité signifierait pour l’Eglise catholique de « renoncer à toutes les réformes d’après le schisme: la primauté et l’infaillibilité du pape, le « filioque » et « l’uniatisme ».
Le signe de l’éloignement des deux Eglises, a-t-il encore expliqué, est dû à « la structure autoritaire et accentuée de l’Eglise romaine, laquelle, en son interne, n’accepte aucune modification du statut ecclésiologique ou dogmatique qui s’est formé durant les siècles, parce que tout changement de ce statut aurait pour conséquence l’admission de ses propres erreurs ». (apic/imedia/pr)
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