Londres: Guerre en Irak, le Primat anglican refuse une cérémonie d’action de grâces
Londres, 9 mai 2003 (Apic) Bien que le Premier ministre Anthony Blair lui en eût été reconnaissant, le Primat de l’Eglise d’Angleterre a refusé de présider une cérémonie nationale d’action de grâces pour remercier Dieu de la fin de la guerre en Irak. Au siècle passé, l’Eglise d’Angleterre a volontiers participé à la célébration des victoires de l’armée de sa gracieuse Majesté.
L’archevêque anglican Rowan Williams craint qu’un tel service religieux ne soit perçu comme une « manifestation de triomphalisme » et une bénédiction de la guerre. D’autres membres de la hiérarchie anglicane – en majorité opposée à la guerre, considérée comme illégale et illégitime – ont manifesté les mêmes réserves. Même des militaires de haut rang ont estimé que la parade de victoire souhaitée par le 10 Downing Street pourrait paraître « arrogante ou condescendante à l’égard du peuple irakien ».
Anthony Blair aimerait bien enrôler l’Eglise
Selon le quotidien « Daily Telegraph » de jeudi, l’archevêque de Canterbury aurait dit à ses amis qu’il célébrerait tout au plus, de façon sobre, une messe à la mémoire des morts. Il l’a également communiqué au Bureau du Premier ministre en réponse à une sollicitation. Anthony Blair, qui s’est fortement engagé dans le camp de la guerre, a récemment souhaité organiser une grande fête pour célébrer « la grande contribution » des troupes britanniques dans les opérations militaires contre l’Irak.
Le doyen de la cathédrale Saint-Paul de Londres, John Moses, a souligné qu’il fallait faire mémoire des soldats britanniques tombés au combat, « mais nous devons aussi prendre en considération la sensibilité du monde arabe ainsi que celle des opposants à la guerre dans notre propre pays ».
La fin de la Deuxième Guerre mondiale a été célébrée de façon solennelle dans la cathédrale Saint-Paul en présence du roi George VI, de la reine Elizabeth et des plus hautes personnalités politiques et militaires. Après la guerre des Malouines en 1982, Margaret Thatcher avait été fâchée que l’ancien archevêque de Canterbury, Lord Runcie, ait prêché la réconciliation chrétienne dans son sermon lors de la cérémonie d’action de grâces à Saint-Paul. Le primat anglican avait estimé que l’on devait faire mémoire des morts argentins comme des morts britanniques. Lors de la cérémonie pour la première guerre du Golfe en 1991 dans la cathédrale de Glasgow, David Jenkins, à l’époque évêque de Durham, malgré avait averti que tout triomphalisme serait « obscène », rappelle le quotidien « The Telegraph ». (apic/kna/bbc/dtel/be)
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