Congo: La région de Bunia théâtre d’affrontements entre milices depuis plusieurs jours
Kinshasa, 11 mai 2003 (Apic) La région de Bunia, chef-lieu de la région nord orientale de l’Ituri en République Démocratique du Congo (RDC), est depuis plusieurs jours le théâtre d’intenses combats et de pillages. Les affrontements mettant aux prises milices Hema et Lendu, avec l’intervention de l’UPC de Thomas Lubanga, ont plusieurs morts, dont deux prêtres, et des milliers de déplacés.
Des sources de la MONUC, la mission de l’ONU en RDC, ont annoncé à l’agence d’information missionnaire MISNA que les milices Hema et Lendu se sont affrontées dans les environs de l’hôpital de Bunia, où on compterait des victimes. «Nous ne sommes pas encore en mesure de fournir un bilan», a déclaré Patricia Tomé, porte-parole de la MONUC à Bunia, «mais nous savons que samedi matin les milices de l’Union des Patriotes Congolais (UPC) de Thomas Lunbanga ont attaqué la zone des environs de l’hôpital, qui a été saccagé, à environ 2 kilomètres de notre base. Des centaines de personnes fuient ces zones de la ville où l’on fait feu et cherchent abri dans nos structures. Quelques témoignages parlent de cadavres dans les rues, mais nous n’avons pas encore de confirmation directe».
Déjà il y a quelques jours des milliers de civils sont arrivés au siège de la MONUC, situé au centre de la ville, en demandant assistance et protection. Vendredi, une foule affamée et en colère a protesté contre les responsables des Nations Unies, les accusant de ne pas faire assez pour garantir leur sécurité. Dans les rangs des manifestants figuraient aussi des étudiants et quelques miliciens, qui ont blessé légèrement avec une machette le commandant militaire du secteur de la MONUC. L’épisode a été condamné samedi par le Conseil de sécurité de l’ONU. Le vice secrétaire général Jean-Marie Guehenno a déclaré que Bunia «est au bord de la catastrophe humanitaire». La population est exténuée par l’incessante violence entre les bandes armées et, ces derniers jours, a été soumise à un saccage systématique de la ville. Environ 3’000 civils ont demandé hospitalité aux structures religieuses, tandis que des milliers de familles ont même abandonné Bunia. Dans les jours à venir, la MONUC devrait déployer 800 militaires sur le terrain.
48 morts dans une paroisse ayant recueilli des déplacés
L’agence d’information sur l’Afrique ANB, basée à Bruxelles, a annoncé samedi que deux prêtres de Bunia figuraient parmi les victimes des affrontements. Il s’agit de Aimé Ndjabu et François Xavier Mateso (curé de Nyakasanza), alors qu’un troisième, l’abbé Chrisante Kidja, est porté disparu. Tous trois se trouvaient chez eux en compagnie de nombreux déplacés. 48 d’entre eux ont été tués. L’Abbé Aimé Ndjabu a été égorgé dans sa chambre et François Xavier tué devant la maison.
«Les anciens soldats de l’UPC-RP sont en train d’essayer de gagner la bataille sur les Lendu… ce qui semble être la seule planche de salut pour les hema qui nombreux encore sont réfugiés à la MONUC ou dans les environs», déclare encore ANB. (apic/misna/anb/bb)
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