Inacceptable et consternant

Sierra Leone: Grogne d’AI après la ratification d’un accord d’impunité avec les Etats-Unis

Freetown, 15 mai 2003 (Apic) Après la ratification par le Sierra Leone d’un accord d’impunité avec les Etats-Unis, Amnesty International (AI) a exprimé sa déception et sa consternation à l’égard de cette affaire. Et cela dans le silence le plus total de la part de la communauté internationale, observatrice des faits et gestes des Etats-Unis.

AI juge inacceptable l’entente bilatérale et considère qu’elle est intervient au moment où un tribunal spécial sur les crimes de guerre, devenu opérationnel, s’apprête à juger les violences qui ont ensanglanté l’ex-protectorat britannique durant les 10 années de guerre civile, de 1991 à 2001.

Le 6 mai dernier, malgré la forte opposition de la société civile et de nombreux membres des Eglises locales, le parlement de Freetown a en effet ratifié cet accord d’impunité avec le gouvernement de Washington qui prévoit entre autre que le Sierra Leone ne livre pas au Tribunal Pénal International les citoyens américains accusés de génocide, de crimes contre l’humanité et de guerre; les Etats-Unis pour leur part s’engagent à faire de même avec les citoyens du Sierra Leone.

« Cet accord viole », lit-on dans la note divulguée par Amnesty, « les obligations prises par le Sierra Leone à l’occasion de la ratification du statut de Rome sur le Tribunal Pénal International du 15 septembre 2000, de la Convention de Genève de 1949 et des autres lois internationales ». Face à une telle situation, relève AI, « nous avons écrit au président Ahmad Tejan Kabbah en lui demandant de refuser rapidement de donner son consensus présidentiel à l’accord: seul un parlementaire, Ibrahim Sorie, a eu le courage de s’exprimer nettement contre l’entente ».

Un signe éloquent de la faiblesse qui caractérise la « nouvelle » classe dirigeante présumée, dit encore la note de protestation. (apic/misna/pr)

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