Grosse embellie dans les comptes

Neuchâtel: La campagne financière des Eglises neuchâteloises lancés sous forme de BD

Neuchâtel, 16 mai 2003 (Apic) Les finances des trois Eglises neuchâteloises, catholique romaine, catholique chrétienne et réformée (EREN) se portent mieux. L’embellie est certaine. Elle est due en partie aux campagnes publicitaires menées depuis plusieurs années, pour amener les chrétiens du canton à verser leur contribution ecclésiastique volontaire. Vendredi à Neuchâtel, les représentants des trois Eglises cantonales reconnues ont lancé leur 14e campagne en commun avec, pour 2003, un vecteur universel nommé BD.

A l’instar des années précédentes, les Eglises ont cherché des moyens originaux pour sensibiliser l’ensemble des contribuables neuchâtelois. Et à plus forte raison les quelque 140’000 habitants qui reconnaissent officiellement appartenir à l’une ou l’autre d’entre elles. Vendredi, la salle de répétition du théâtre du Passage a servi de tremplin au nouvel appel des Eglises. Etrange complicité entre le théâtre et l’Eglise, sans doute pour souligner le message par la parole, que l’un et l’autre véhiculent.

La campagne 2003 a pris la forme d’une affiche à travers laquelle le dessin fait la part belle aux moments joyeux et difficiles de la vie, de la naissance à la mort, en passant par le mariage et tous les actes qui jalonnent une existence. «L’Eglise reste à vos côtés. Votre contribution ecclésiastique: la part essentielle de nos ressources», invite par ailleurs le texte, y compris dans les lettres adressés aux contribuables, et qui rappellent que les Eglises assument aussi des tâches sociales qui dépassent le cadre purement ecclésial.

Craintes infondées

Les trois Eglises enregistrent avec satisfaction que les recettes fiscales n’ont pas fléchi en 2002, et constatent que les craintes émises lors du changement de système de taxation n’ont pas été fondées. Ce qui a fait dire à Philippe Ribaux, conseiller synodal de l’EREN et président de la commission financière interéglises, que la situation financière n’est «pas mauvaise. et qu’elle est même relativement bonne».

Un constat qu’il n’a pas dû faire souvent ces dernières années. A ses yeux, une gestion des charges plus rigoureuse dans les Eglises et l’apport de l’Etat recalculé à la hausse expliquent cette nouvelle donne. «Mais attention, prévient-il, si on enregistre une faible mais persistante augmentation du nombre de personnes à se déclarer d’une ou l’autre religion, de plus en plus de gens continuent d’ignorer leur contribution financière ou ne le font que très partiellement».

Saisissante réalité

Plus que n’importe quel commentaire du reste, les chiffres suivants illustrent la réalité des Eglises neuchâteloises. S’agissant des personnes physiques, l’EREN a facturé en 2001 24,5 millions de francs, pour un montant encaissé d’un peu plus de 6 millions. L’Eglise catholique romaine a facturé près de 15,7 millions de francs pour récolter moins de 2 millions. Idem pour les catholiques chrétiens, qui enregistrent des rentrées pour un peu moins de 100’000 francs, contre un montant théoriquement encaissable de 1,35 million. Ces chiffres ne devraient pas varier en 2002. L’EREN boucle avec un déficit de 16’000 francs pour des charges s’élevant à plus de 11 millions de francs, l’Eglise catholique romaine boucle l’exercice avec un chiffre en rouge: 24’000 francs, pour 4,7 millions de charges, mais inscrit un important montant dans ses réserves. Quant à l’Eglise catholique chrétienne, son déficit atteint 21’000 francs, pour des charges qui s’élèvent à 275’000 francs.

Un autre message

Sans tomber dans l’euphorie, les responsables des Eglises neuchâteloises ont de quoi voir venir, financièrement s’entend. Car pour le reste, a constaté l’abbé Jean-Jacques Martin, vicaire épiscopal de l’Eglise catholique romaine neuchâteloise, «n’en déplaise à certain, il faut bien admettre aujourd’hui que nos Eglises influencent de moins en moins la pensée contemporaine et les comportements sociaux, voire même l’éthique et les moeurs. Faut-il alors, pour transmettre aujourd’hui le message chrétien, un marketing appliqué à la stratégie des Eglises? SMS, e-mail, BD?. Le produit, la place de celui-ci, la promotion du produit et son prix sont quatre mots clés dans la stratégie du marketing. Faut-il suivre cette voie, faut-il emprunter ce passage?, s’interroge-t-il. Avant de répondre en personne à sa question: «Le vrai support, et de loin le plus efficace, reste le chrétien lui-même. car l’Evangile vise à faire de chacun un acteur». Une conclusion somme toute de circonstance, dans ce théâtre du Passage. (apic/pr)

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