Rome: Divorcés remariés et encyclique sur l’Eucharistie

Mgr Kasper insiste sur « le discernement pastoral nécessaire »

Rome, 21 mai 2003 (Apic) Dans un commentaire sur la récente encyclique sur l’Eucharistie de Jean Paul II, le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, revient sur la situation des divorcés remariés. Pour insister sur le discernement pastoral nécessaire. Il analyse aussi le cas de l’hospitalité eucharistique.

Interrogé par le mensuel italien « Trenta Giorni » daté du mois de mai 2003 et distribué le 20 mai, le cardinal Walter Kasper a accepté de revenir sur une polémique datant de 1993, lorsque ses propos et ceux de Mgr Karl Lehmann – aujourd’hui cardinal – avaient été interprétés comme une ouverture vers l’accès à l’Eucharistie pour les divorcés remariés.

« Nous n’avions pas affirmé que les divorcés remariés, entendus comme catégorie sociologique, pouvaient s’approcher de l’Eucharistie », commente-t- il aujourd’hui, agacé de devoir revenir sur cette polémique. « Nous suggérions seulement que, dans l’évaluation des cas singuliers, le discernement pastoral est opportun. La règle est maintenue, dans le sens où toute personne qui demande d’accéder aux sacrements doit manifester une intention sincère de conversion ». Pour le cardinal, « il existe cependant des cas où, par exemple, les personnes ne parviennent pas à produire les preuves de la nullité de leur propre mariage, une nullité dont ils sont certains ». Or, ajoute-t-il, « beaucoup se marient en ignorant les conditions et les devoirs matrimoniaux auxquels il faut adhérer pour nouer le lien de l’indissolubilité. C’est une situation dont il faut tenir compte lorsque l’on doit juger les cas délicats ».

Concernant le cas de l’hospitalité eucharistique, le cardinal Kasper a souligné qu’il est « faux de croire que cette encyclique, comme l’ont affirmé certains protestants, peux créer des problèmes sur le chemin oecuménique ».

Il a ainsi signalé que le président du Conseil de l’Eglise évangélique en Allemagne, Manfred Kock, a reconnu avec réalisme que le document ne fait aucun pas en arrière et se limite à répéter la rigoureuse norme catholique dans ses rapports avec les chrétiens des autres Eglises et communautés ecclésiales concernant la célébration eucharistique. « L’encyclique ayant en outre affirmé que dans des circonstances particulières, un protestant « bien disposé » peut recevoir l’Eucharistie », le cardinal a précisé que, « en cas de graves besoins spirituel », la personne souhaitant communier « doit être en mesure de dire Amen au prêtre ». C’est-à-dire « prononcer le « Amen » à la présence réelle du corps et du sang du Christ dans les espèces eucharistiques, consacrées durant une messe au cours de laquelle on prie pour le pape en citant son nom. Durant une messe où l’on adresse des prières à Marie et où l’on invoque les saints. Si cette personne dit « Amen » à tout cela, a conclu le cardinal Kasper, c’est qu’elle est bien disposée ». (apic/imedia/pr)

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