Sombre tableau pour des millions de gosses
Genève, 21 mai 2003 (Apic) Le « ministre de la santé » du Vatican, a lancé mercredi à Genève un cri d’alarme en faveur des enfants victimes de l’injustice économique dont souffre le monde aujourd’hui. Mgr Javier Lozano Barragán, président du Conseil pontifical pour la Pastorale de la Santé a tracé un terrible cadre des souffrances des enfants dans le monde, lors de la session de l’OMS.
« Dans la décennie passée plus de 2 millions d’enfants ont été tués dans des conflits armés, 6 millions sont restés invalides, des dizaines de milliers ont été mutilés par des mines anti-personnelle », a déclaré l’archevêque mexicain, au cours de la 46ème assemblée plénière de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui se tient actuellement à Genève.
Pour Mgr Javier Lozano Barragan, il est devenu urgent d’appliquer les programmes de l’OMS face à la situation « préoccupante » des enfants. Dès le début de son intervention, le président du Conseil pontifical pour la santé a dressé un état des lieux du monde de l’enfance. Ainsi, citant les chiffres officiels des bureaux des Nations unies, il a rappelé que ces dix dernières années, plus de deux millions d’enfants ont été assassinés au cours de conflits armés, six millions en sont restés invalides, ou encore, plus de quatre millions d’enfants sont morts du sida. A ce sujet, il a affirmé qu’aujourd’hui, 14 millions d’enfants sont orphelins à cause du virus et chaque jour, seulement en Afrique, près de 7’000 de gosses sont infectés du sida. En 2002, a-t-il condamné, 300’000 enfants ont été recrutés comme soldats.
Dans les pays développés, d’autres causes s’ajoutent. Selon Mgr Javier Lozano Barragan, « beaucoup d’enfants et d’adolescents sont livrés à eux- mêmes et à leurs instincts ». Il a cité en particulier la télévision et l’internet, « sur lesquels les enfants naviguent sans aucune direction morale ». En outre, a-t-il ajouté, « beaucoup de familles ont renoncé à leur devoir d’éducation ».
Le prélat a encouragé l’OMS à agir « d’urgence » dans le domaine de la protection de l’enfance. « Face à cette situation préoccupante, les sept directions pour l’avenir, proposées par l’Organisation mondiale de la Santé, me paraissent très adéquates », a-t-il précisé. Ces axes soulignent la « priorité » à donner notamment à la santé des mères et des enfants, à la prévention des maladies infantiles contagieuses, à l’amélioration de l’environnement et des situations sanitaires des enfants, ainsi qu’à la recherche des causes de transmission des maladies.
Le président du Conseil pontifical pour la santé a toutefois tenu à rajouter deux « directions » dans lesquelles il a invité les Etats membres de l’OMS à se diriger. La première consiste « à combattre la pauvreté avec des moyens adéquats au sein de l’actuelle économie mondialisée ». Quant à la seconde, elle concerne « le développement psychologique de l’enfant ». C’est à ce moment de la vie, a-t-il expliqué, « que se développe la personne humaine ». » En raison de la « complexité » de la tâche, a conclu Mgr Barragan, « il faut suivre une direction ferme et claire ». /apic/ag/imedia/pr)
Italie: Des religieuses se liguent contre le trafic des femmes
Pour que cesse cet odieux commerce
Rome, 21 mai 2003 (Apic) Les religieuses veulent désormais être en première ligne dans la lutte contre le trafic des femmes. Un dossier portant sur leur engagement et la collaboration efficace entre les divers instituts pour combattre cette « plaie sociale répandue » a été présenté au séminaire du Service de documentation et d’études (Sedos) qui se tient à l’Augustinianum de Rome.
Près de 700’000 femmes tombent chaque année dans les filets de la prostitution, peut-on lire dans ce dossier réalisé par les soeurs Patricia Murray, et Bernadette Sangma. Qui affirme par ailleurs que concernant le trafic des femmes et des enfants continue de s’accroître.
Face à ce phénomène, des religieuses ont fondé, en 1999, un groupe de travail réunissant une quinzaine de congrégations, dont deux masculines. SA mission: étudier à fond le problème et intervenir de façon adéquate.
Cette mobilisation a fais des émules. Par la suite, certains Instituts qui se consacrent à l’éducation se sont organisés davantage en vue de l’élaboration d’un dossier basé sur de véritables expériences vécues sur le terrain.
Ce dossier aborde cette gangrène sous ses différents aspects. Il apporte aussi des éléments de réponse aux traditionnelles interrogations: En quoi consiste le trafic des femmes? Quelles sont les causes et les mécanismes qui l’alimentent? Quels sont les pays d’origine et de destination? Par ailleurs, le dossier des religieuses sur la lutte contre le trafic des femmes fait également mention des stratégies pour combattre ce fléau.
Des témoignages apportent leur touche d’émotion à ce travail. C’est le cas de la petite Thaïlandaise vendue par son père pour la valeur d’un récepteur de télévision. Et de la mère qui se répand en pleurs lorsqu’elle apprend la condition de sa fille, destinée à servir huit clients par jour dans un bordel de Bangkok. Elle ne regrette qu’une chose, c’est d’avoir gagné trop peu d’argent de cette vente, vu le travail rentable que sa fille effectue. (apic/vid/jv)
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