Conférence sur la lecture de Bible

Genève: Le prieur de Bose, Enzo Bianchi, à l’Assemblée de l’Eglise protestante

Par Michel Bavarel, correspondant Apic

Genève, 22 mai 2003 (APIC) « L’Ecriture n’existe que dans la communauté et la communauté n’existe que par l’Ecriture ». C’est l’une des fortes paroles prononcées mercredi soir, 21 mai, par Enzo Bianchi, prieur de la Communauté oecuménique de Bose, près de Turin, devant l’Assemblée de l’Eglise protestante de Genève.

Cette Assemblée, présidée par Isabelle Graesslé, modératrice de la Compagnie des pasteurs et des diacres, s’est déroulée dans la partie réservée au culte catholique du Centre paroissial oecuménique de Meyrin. Un premier temps de la soirée devait permettre à l’un ou l’autre participant d’exprimer ses voeux quant à la vie de l’Eglise.

Nous retiendrons le propos de Suzanne Janssens, « simple membre du peuple protestant », qui s’inquiète d’une « dangereuse dérive de vocabulaire ». Aux prises avec de sérieuses difficultés financières, les responsables ont tendance à utiliser le langage de l’économie néolibérale. On risque ainsi d’être finalement amené à diriger l’Eglise comme une entreprise. Suzanne Janssens demande également du « courage et de l’imagination » pour que l’Eglise manifeste sa présence dans le combat social, au lieu de rester, par exemple, muette devant le « triomphe de l’égoïsme » à la suite des votations du 18 mai.

La Bible, médiatrice de la Parole

On a ensuite entendu l’exposé, solide et dense, d’Enzo Bianchi, sur la place de la Bible dans nos Eglises. Nous nous bornons ici à refléter l’un ou l’autre propos du fondateur de Bose. L’unité de la collection d’ouvrages divers qui constituent la Bible ne provient pas de l’excellence d’un texte – contenant d’ailleurs défauts et obscurités – mais de son rapport à un peuple, une communauté. Une communauté qui précède et produit le livre qui l’inspire et dans lequel elle trouve son fondement. Il y a ainsi une relation « insécable et ontologique » entre la communauté et la Bible, explique Enzo Bianchi.

« La Bible n’est pas immédiatement Parole de Dieu, mais plutôt médiatrice, trace, sacrement par lequel la Parole est audible », ajoute-t-il. La Parole excède et transcende l’Ecriture. Celle-ci « ressuscite » au sein de l’assemblée chrétienne qui l’écoute et la parole d’homme devient Parole de Dieu. Une Parole qui éveille et soutient la foi, une foi efficace, opérante. « La vie des chrétiens est la Parole faite chair dans le monde et dans l’histoire ».

La belle et bonne vie de Jésus

Après avoir évoqué la « lectio divina », lecture priante de la Bible, pratiquée à Bose et en d’autres lieux, Enzo Bianchi a répondu à quelques questions, dont une, justement, sur le rapport entre une telle lecture priante et l’exégèse. Loin de récuser les différentes méthodes scientifiques, Enzo Bianchi estime qu’elles peuvent servir à écarter les dangers opposés et bien actuels du fondamentalisme et d’une spontanéité charismatique qui peut faire dire un peu ce qu’on veut à l’Ecriture.

Comment susciter chez les jeunes la curiosité envers la Bible ? La Bible est comme un index pointé sur Jésus-Christ. Il s’agit de le faire connaître, à partir de son humanité et de favoriser, en commençant par les enfants, les liens d’amitié avec lui. Pour aboutir à la rencontre avec Dieu. La Bible, souligne Enzo Bianchi, peut apporter aux nouvelles générations, plutôt qu’une doctrine ou une morale, une réponse à leur quête de sens. Cette réponse consiste à mener une vie semblable à celle de Jésus, une vie belle, bonne et bienheureuse, vouée à l’amour et à la justice, conclut le prieur de Bose. (apic/mba/sh)

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