Menace sur les institutions chrétiennes de Terre Sainte levée ?

Israël: La nouvelle politique des visas pour le personnel religieux tarde à se concrétiser

Jérusalem, 23 mai 2003 (Apic) La nouvelle politique des visas concernant le personnel religieux – moins restrictive – , annoncée cette semaine par l’Etat d’Israël, tarde à se concrétiser sur le terrain. Malgré les déclarations optimistes de Gadi Golan, directeur du Département pour les Affaires interreligieuses au Département israélien des Affaires étrangères, les cas en suspens n’ont pas encore été tous résolus.

Le refus de visas menace la survie des institutions chrétiennes de Terre Sainte, dénonçaient encore en mars dernier les Eglises locales. Depuis deux ans, en violation flagrante de l’Accord fondamental signé le 30 décembre 1993 avec le Vatican, les autorités israéliennes refusaient d’octroyer des visas à près d’une centaine de prêtres et de religieuses catholiques, ainsi qu’à des étudiants des institutions catholiques. Selon Gadi Golan, les collaborateurs des Eglises concernées recevront en principe des visas, après que les contrôles de sécurité aient été préalablement effectués.

En raison de la polémique devenue publique il y a quelques mois – même la presse juive américaine s’est inquiétée de l’atteinte à l’image d’Israël causée par une telle politique restrictive – les autorités israéliennes ont réagi. Selon Gadi Golan, on est retourné aux anciennes procédures réglementaires appliquées durant 40 ans. Elles étaient mises en oeuvre de façon différente par le gouvernement précédent.

En fait, la droite religieuse israélienne -notamment le parti ultraorthodoxe Shas qui était en charge du Ministère de l’Intérieur – ne faisait rien pour faciliter la vie du personnel religieux chrétien. Le Shas avait réussi à imposer une politique restrictive de visas ayant pour but de freiner «l’explosion» du nombre de travailleurs immigrés en Israël. Mais les religieux ont été particulièrement visés: les Eglises ont mentionné les cas d’au moins 86 refus de visas pour des prêtres, religieuses et autres.

La prestigieuse Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem, mais également d’autres institutions d’enseignement chrétiennes sont touchées, ainsi que le séminaire patriarcal de Beit Jalla. Selon une source catholique, le dossier de la plupart des séminaristes de Beit Jalla progresse, mais le recteur, de nationalité palestinienne avec passeport jordanien, n’a toujours pas d’autorisation de séjour.

Relations avec le Vatican «assez bonnes»

«Il n’y a théoriquement plus de refus, mais cela dépend de la nationalité des gens qui sollicitent des visas. Les difficultés concernent d’abord les citoyens des pays arabes et de certains pays africains, mais il y aussi le cas d’un prêtre polonais qui attend son visa depuis juin 2002», révèle une source catholique à Jérusalem qui préfère garder l’anonymat.

Cette personne se plaint du fait qu’il faille se rendre sans cesse dans les bureaux concernés pour tenter de débloquer les demandes de visas. Les trois semaines de grève qui ont affecté les Ministères n’arrangent pas les choses. «On nous dit qu’on ne trouve plus les documents. Le problème n’est pas encore résolu à 100%, car certains dossiers ont été débloqués, d’autres non. On ne sait pas sur quels critères.»

Gadi Golan affirme que les relations avec le Vatican sont actuellement «assez bonnes». Les deux gros problèmes des années passées – la mosquée de la discorde de Nazareth et le siège par l’armée israélienne de la Basilique de la Nativité de Bethléem – ont été résolus. Et le responsable israélien de préciser que les travaux de la mosquée près de la Basilique de l’Annonciation ont été définitivement stoppés. (kipa/cic/be)

Plaidoyer d’AI et d’HRW pour une force d’intervention des nations unies en RDC

Protéger les civils et convoyer l’aide humanitaire en Ituri

Londres, 23 mai 2003 (Apic) Amnesty International et Human Rigths Watch ont lancé un appel conjoint au Conseil de sécurité des Nations unies. Ils lui demandent d’autoriser le déploiement d’une force de réaction rapide en République démocratique du Congo. Avec une trentaine de cadavres découverts jeudi près de Bunia, le bilan s’élève à plus de 300 morts en peu plus de deux semaines.

Une telle intervention permettrait de suppléer la Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUC) qui, estiment les deux organisations de défense des droits humains, a montré ses limites. Deux semaines de combat ont installé une véritable anarchie. Plus de 300 morts ont été recensés à ce jour.

Amnesty International (AI) et Human Rigths Watch (HRW) ont attiré, le 21 mai, l’attention du Conseil de sécurité des Nations unies sur la situation qui prévaut en ce moment en Ituri, au nord est de la République démocratique du Congo (RDC). Pour ces deux organisations, la MONUC s’est montrée incapable d’assurer une efficace protection des civils. En effet, après deux semaines d’intenses combats entre les milices des tribus rivales «Hema» et «Lendu», 231 morts ont déjà été recensés à Bunia, la ville pour laquelle ces factions armées se battent depuis le retrait de l’armée ougandaise au début du mois de mai. On dénombre également, à en croire certaines sources, plus de 70’000 personnes déplacées et 20’000 réfugiés en Ouganda voisin.

AI et HRW estiment donc qu’étant donné l’urgence de la situation, «le déploiement immédiat» d’une force de réaction rapide sous mandat onusien dans la région embrasée est désormais vital pour les civils. Cette action militaire, puisque c’est bien de cela qu’il s’agit, devra être dotée d’un «mandat fort afin de pouvoir assurer le maintien de l’ordre public et la protection des civils à Bunia et en dehors de la ville, et de veiller à ce que l’aide humanitaire parvienne aux populations civiles qui en besoin».

Bilan alarmant

«Ce conflit a déjà fait des milliers de victimes civiles», affirme Kenneth Roth, le directeur exécutif de Human Rigths Watch, qui avoue par ailleurs que, «seule une action rapide de l’ONU pourra empêcher de nouveau massacres»

Selon AI et HRW, les violences dans l’Ituri ont fait au moins 5’000 victimes entre juillet 2002 et mars 2003. Celles-ci s’ajoutent aux 50’000 civils qui selon des estimations des Nations unies, sont morts dans la région depuis 1999.

L’appel de ces deux organisations de défense des droits humains qui par ailleurs s’adressait aussi à certains pays, leur demandant d’apporter leur soutien à une action du Conseil de sécurité a entendu par la France et la Grande-Bretagne qui ont déjà donné leur accord pour faire partie de la force d’intervention.

Encore une trentaine de cadavres

Une trentaine de cadavres en état de décomposition ont encore été découverts le 22 mai par les casques bleus de la MONUC à la périphérie de Bunia. «De nombreux corps présentent de graves mutilations» a déclaré Hamadoun Touré, porte-parole de la MONUC, «il est très difficile d’indiquer s’ils ont été ou non l’objet d’actes de cannibalisme, notamment parce que les corps ont été déchiquetés par des chiens». Le bilan des affrontements entre groupes armés et des violences contre la population dépasse maintenant les 300 victimes dans la seule ville de Bunia. Cependant, personne, pas même les peacekeepers, ne s’est aventuré en dehors de la ville, où se cacheraient encore des miliciens liés aux deux factions adverses. «Nous avons appris qu’il y avait eu des attaques sporadiques de paroisses à l’extérieur de la ville» a déclaré à l’agence MISNA Père Jean- Marie Ngungani, directeur adjoint de Caritas-Bunia, «nous savons qu’il y a eu des victimes mais on ignore combien».

Caritas épaule les agences de l’ONU et les organisations non gouvernementales (ONG) qui aident les milliers de déplacés. Dans un communiqué diffusé le 22 mai, le représentant de l’UNICEF au Congo, Gianfranco Rotigliano, a affirmé que plus de 25’000 civils ont fui Bunia en direction de l’Ouganda, tandis que près de 64’000 personnes se dirigeraient vers la ville de Mambasa, à 160 kilomètres de distance. (apic/com/misna/jv)

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