France: Les orthodoxes français d’origine russe rejettent la proposition d’Alexis II
Paris, 26 mai 2003 (Apic) Après de vifs débats internes, les orthodoxes français ont majoritairement rejeté la proposition d’Alexis II de rallier le patriarcat de Moscou. L’élection, début mai, de Mgr Gabriel, évêque chargé des paroisses russes françaises rattachées au patriarcat oecuménique de Constantinople, a provisoirement stoppé les projets de Moscou.
En son nom personnel, le patriarche orthodoxe de Moscou avait adressé une lettre, datée du 1er avril, aux paroisses russes orthodoxes présentes en France, à leurs clercs et à leurs fidèles. Le patriarche orthodoxe de Russie Alexis II suggérait un rattachement au patriarcat de Moscou, en proposant la mise en place d’une métropole pour l’Europe occidentale, regroupant la diaspora russe d’Allemagne, de Grande-Bretagne, de France.Son siège aurait été Paris.
Regroupés autour d’une centaine de paroisses environ, les orthodoxes français d’origine russe pèsent d’un poids important et représenteraient plus de la moitié à deux tiers de la communauté orthodoxe, estimée en France à 300’000 personnes. Historiquement, les paroisses orthodoxes russes en France sont rattachées au patriarcat oecuménique de Constantinople, choix qui avait été décidé pendant la période communiste en Union soviétique.
« La proposition d’Alexis II a suscité d’importants débats entre les pour et les contre », explique, le Père Jean Roberti, responsable de la paroisse orthodoxe de Rennes, en Bretagne. « Un rattachement à Moscou nous parait clairement impossible tant que le patriarcat ne s’est pas débarrassé de ses dérives politiques et autoritaires », commente-t-il dans un entretien accordé à l’Agence oecuménique ENI.
L’élection par l’assemblée générale des paroisses orthodoxes russes, le 1er mai dernier, de Mgr Gabriel a fait apparaître une majorité opposée à la proposition d’Alexis II. L’envoi de la lettre du patriarche de Moscou intervenait, en effet, dans un contexte de transition pour les orthodoxes français d’origine russe après le décès, en janvier, de leur évêque responsable, Mgr Serge.
Journée de l’orthodoxie
« Nous avons été très surpris de la proposition du patriarche Alexis II. Cela va à l’encontre du travail que nous essayons de réaliser ensemble en France », a déclaré, en début de semaine devant un groupe de journalistes français de l’AJIR (Association des journalistes de l’information religieuse), Mgr Emmanuel.
Nouvel évêque du diocèse du patriarcat oecuménique en France, le métropolite Emmanuel préside également l’Assemblée des évêques orthodoxes de France (AEOF). Elu le 20 janvier par le Saint Synode comme métropolite de France, il a officiellement pris ses fonctions il y a deux mois.
Créée en 1997, l’AEOF regroupe l’ensemble des évêques orthodoxes, rattachés en France à différents patriarcats ou Eglises orthodoxes autonomes. Pour certains courants de l’orthodoxie « française », elle pourrait être la préfiguration d’une Eglise autonome en France. Très « ethnique », très divisée selon les nationalités d’origine, dans le courant du XXe siècle, l’orthodoxie en France est en voie actuellement de « francisation ».
L’AEOF organise le 1er novembre prochain une journée de l’orthodoxie, dont l’un des objectifs est de mieux faire connaître la présence de l’orthodoxie en France, peu connue du grand public. Initialement prévue en mai, elle a été repoussée afin « de mieux s’organiser », selon les termes de Mgr Emmanuel.
« Pour l’orthodoxie en France, l’un des grands chantiers est actuellement l’accueil de nouveaux immigrants en provenance d’Europe orientale », explique, de son coté, Jean Roberti. Il s’agit principalement d’émigrés roumains. Ces dernières années, le nombre de paroisses orthodoxes roumaines a été multiplié par quatre en région parisienne, passant de cinq à une vingtaine. (apic/eni/pr)
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