Berne: Les organisations d’entraide suisses critiquent le G8
Berne, 27 mai 2003 (Apic) A la veille du Sommet du G8 à Evian, la Communauté de travail Swissaid, Action de carême, Pain pour le prochain, Helvetas, Caritas et Eper partage les réticences émises à l’encontre du G8 par les groupements altermondialistes. Ces organisations d’entraide dénoncent le pouvoir mondial que s’octroient les pays du G8.
«Les pays du G8 ne sont aucunement légitimé à assurer un rôle de directoire du monde!» a lancé Bastienne Joerchel au nom des organisations d’entraide lors d’une prise de position le 27 mai devant la presse à Berne. Selon la Communauté de travail, il faut «refuser la politique de libéralisation permanente encouragée depuis plus de dix ans par le G7, puis par le G8, car cette politique se fait sur le dos des plus petits pays et des nations les plus démunies de la planète».
Dans leurs communiqués, les pays du G8 aiment à parler des «chances de la mondialisation». Mais quand on regarde la réalité en face, on s’aperçoit qu’il s’agit d’abord de leurs propres chances et que les promesses faites aux pays en développement sont souvent pure rhétorique, dénoncent les organisations d’entraide suisses. Et de citer comme exemple le «Plan d’action pour l’Afrique» présenté en grande pompe en 2001 – et qui doit être une priorité de l’agenda d’Evian – mais qui, pour l’heure, reste un «plan d’action sans action».
L’ONU remplacé par des ententes entre grands pays triés sur le volet
Autre danger évoqué par la Communauté de travail: le G8 affaiblit les institutions internationales comme l’ONU et tend à vouloir les remplacer par des ententes entre grands pays triés sur le volet. «Un ordre mondial dont la teneur serait décidée par les seules grandes puissances est inacceptable pour les Etats plus faibles et plus petits, qu’ils soient riches ou pauvres», a lancé Bastienne Joerchel.
Dans son appel, la Communauté de travail invite le Conseil fédéral à «s’engager comme il convient pour un renforcement de l’ONU». Il doit en particulier ne pas ménager ses efforts pour revaloriser le rôle de cette organisation dans l’économie, l’environnement et les questions sociales et politiques, par exemple au sein du Conseil économique et social (ECOSOC), estiment les organisations d’entraide. Celles-ci appellent à «combattre énergiquement les tendances visant à faire du G8 – réseau peu bureaucratisé mais finalement dominé par son membre le plus influent, les Etats-Unis – le centre d’un système de gouvernance mondial visant à remplacer le système onusien taillé sur mesure pour les Etats dans toute leur diversité». (apic/com/bb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/berne-les-organisations-d-entraide-suisses-critiquent-le-g8/