Embargo: mercredi 28 mai
La «guerre contre le terrorisme» a rendu le monde plus dangereux
Londres, 27 mai 2003 (Apic) Le rapport 2003 d’Amnesty International (AI) constate que partout dans le monde, les gouvernements ont dépensé des milliards pour renforcer la sécurité nationale et intensifier la «guerre contre le terrorisme». Loin de rendre le monde plus sûr, ces initiatives l’ont rendu plus dangereux, dénonce l’organisation de défense des droits de l’homme dans son rapport annuel publié le 28 mai.
Amnesty International épingle également la Suisse pour «les mauvais traitements pouvant entraîner la mort» infligés à des requérants d’asile et des ressortissants étrangers. Selon certaines allégations, des policiers en service dans la zone de transit de l’aéroport de Zurich-Kloten ont maltraité des demandeurs d’asile et ont proféré des injures racistes à leur égard.
Aux quatre coins du monde, les gouvernements ont dépensé des milliards pour renforcer la sécurité nationale et intensifier la «guerre contre le terrorisme», indique AI. Or, pour des millions de personnes, la véritable insécurité trouve sa source dans la corruption et l’incompétence de la police et de la justice, dans la répression sanglante de la dissidence politique, dans la discrimination et les inégalités sociales criantes, dans la pauvreté extrême et dans le développement de maladies qui pourraient être évitées, dénonce l’organisation de défense des droits de l’homme.
Au moment où l’insécurité augmentait, les gouvernements ont choisi d’ignorer et d’affaiblir le dispositif collectif de sécurité que représentaient les règles du droit international, indique le rapport annuel. Tout en prétendant oeuvrer en Irak pour que les victimes obtiennent justice, les Etats-Unis se sont efforcés de saper les fondements de la Cour pénale internationale, traduction du principe de justice universelle, dénonce encore Amneyty International.
Guerres oubliées
«Sur le plan mondial, les habitants de notre planète n’ont jamais été aussi peu en sécurité depuis la fin de la Guerre froide», a déclaré le 28 mai Irene Khan, la Secrétaire générale d’Amnesty International. «L’Irak ainsi qu’Israël et les Territoires occupés font la une de la presse, mais personne ne parle de l’Ituri, en République démocratique du Congo, alors que la menace d’un génocide y est imminente», a souligné Irene Khan. La tâche la plus importante à laquelle nous soyons confrontés aujourd’hui est d’attirer l’attention sur les crises «cachées» et de défendre les droits des «victimes oubliées», a encore déclaré la Secrétaire générale.
Succès 2002
Les campagnes menées en 2002 se sont traduites par un certain nombre d’avancées. L’organisation a ainsi obtenu plusieurs libérations, dont celle du prisonnier d’opinion russe Grigori Pasko. Elle a fait progresser la cause de la justice en Sierra Leone, grâce à la mise en place d’un tribunal spécial pour ce pays. SH
Encadré
Les «crises cachées»
Ignorés du grand public, des millions d’hommes, de femmes et d’enfants continuent de souffrir de la guerre, de l’insécurité et de la violence, dénonce Amnesty. En République démocratique du Congo, la situation en matière de droits humains reste très préoccupante. Les combats et les attaques de civils continuent, en particulier dans l’est du pays. De même, dans la région des Grands Lacs, les auteurs d’atteintes aux droits humains jouissent toujours d’une totale impunité, dénonce l’organisation.
Au Burundi, les forces gouvernementales se sont rendues responsables d’exécutions extrajudiciaires, de disparitions, d’actes de torture et d’autres violations graves des droits humains, tandis que des groupes armés ont tué, mutilé, enlevé ou torturé des civils, dans l’espoir de faire aboutir leurs projets politiques, rappelle Amnesty. De plus, indique AI, les belligérants en présence au Burundi ont continué de recruter des enfants dans leurs rangs, parfois sous la contrainte.
Bien que la crise des droits humains que connaissent Israël et les Territoires occupés soit l’un des sujets les plus largement commentés, c’est aussi celui qui suscite la plus grande passivité de la communauté internationale, dénonce l’organisation.
En Colombie, les mesures de sécurité adoptées par le nouveau gouvernement n’ont fait qu’accélérer l’escalade de la violence politique, rappelle AI. La crise des droits humains a été aggravée par l’échec, en février, des négociations de paix engagées entre le gouvernement et le principal groupe d’opposition armée, les Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia (FARC), indique encore le rapport 2003. (apic/com/sh)
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