Timor Est: Pressions sur Washington pour soutenir la création d’un tribunal international
Dili, 29 mai 2003 (Apic) Les représentants de plus de 90 organisations religieuses américaines (la majorité est chrétienne mais on compte également des organisations musulmanes et juives) ont demandé au gouvernement de leur pays de soutenir la création d’un tribunal international sur les crimes commis au Timor Est avant et après le référendum sur l’indépendance du 30 août 1999.
Washington pourrait bien une nouvelle fois faire la sourde oreille à la création d’un tribunal international pour juger les crimes de guerre, estiment cependant les ONG. Même au Timor Est. La crainte d’ouvrir une brèche pour juger à l’avenir ce qui s’est passé en Irak avec leurs troupes est bien trop réelle.
Après avoir critiqué le tribunal indonésien créé ad hoc pour juger les responsables de ces crimes, les chefs religieux, notamment nord-américains, ont invité le gouvernement de Washington, et plus généralement la communauté internationale, à ne pas «faire semblant que ces procédures judiciaires soient plus ou moins acceptables».
Dans le document, diffusé il y a quelques jours à l’occasion de l’absolution accordée par le tribunal de Djakarta au général Tono Suramatan, les signataires ont rappelé que «les militaires indonésiens ont commis de terribles atrocités au Timor Est, dont des tortures, des exactions, des stérilisations forcées et des homicides».
Semblant de tribunal
Ils invitent la communauté internationale à trouver la manière de «juger les crimes de guerre et contre l’humanité commis contre la population est- timoraire et contre l’ONU». Outre les nombreux chrétiens, on trouve parmi les signataires du document Mohid Ramey de l’Organisation musulmane pour la paix et le rabbin Michael Lerner.
Les critiques des organisations religieuses viennent s’ajouter à toutes celles qui ont déjà été formulées contre le tribunal de Djakarta qui a acquitté, depuis son entrée en vigueur, en mars 2002, la majeure partie de ses 18 incriminés. Un autre tribunal sur les crimes de 1999 institué à Dili (Tomor oriental) a en revanche prononcé en plus de deux ans des dizaines de condamnations et d’incriminations, examinant les plaintes d’exterminations, de déportations, de persécutions et de mystérieuses disparitions. (apic/misna/pr)
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