L’impunité au nom de la raison d’Etat et de l’argent

Guatemala: 25 ans après le massacre de Panzós, les familles de victimes manifestent

Guatemala Ciudad, 29 mai 2003 (Apic) Vingt-cinq ans après le massacre de Panzós, dans la province d’Alta Verapaz, au Guatemala, les familles de 34 paysans maya tués par l’armée ont manifesté pour commémorer leurs victimes et demander justice. Mais l’impunité règne en maître dans ce pays contrôlé par l’ex-dictateur Rios Montt, et où la corruption fait office de « jeu national ».

L’Association des victimes, des veuves, des orphelins et des déplacés du conflit de Sierra de las Minas (Avidesmi) a organisé de nombreuses manifestations, dont des messes et des cérémonies maya, qui ont culminé jeudi avec la pose de la première pierre d’un monument dédié aux victimes devant l’Hôtel de ville de Panzós.

D’après la reconstitution du massacre fournie par la Commission pour la clarification historique (CEH), le 29 mai 1978, un groupe de paysans de diverses communautés de la région fit une manifestation de protestation en réclamant le droit à la terre et en dénonçant les exactions perpétuelles perpétrées par les grands propriétaires terriens, par les autorités locales et par les militaires.

Des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants se rassemblèrent sur la place principale du pays en demandant à rencontrer le maire. Un bataillon de l’armée, mobilisé pour disperser la manifestation, ouvrit le feu sur la foule. Des dizaines de personnes tentèrent en vain d’échapper au massacre en se réfugiant dans le quartier La Soledad mais elles furent poursuivies par les soldats.

Beaucoup de victimes périrent des suites de leurs blessures, d’autres écrasées par la foule. Des cadavres furent découverts dans le fleuve Polochic. Aucun des militaires qui participa à l’action n’a jamais été mis en examen, rappelle l’association des parents des victimes.

Une affaire qui en rappelle d’autres, bien d’autres, sur le sujet de la violence et de l’impunité qui entourent les militaires, à commencer par Mgr Gerardi, l’évêque auxiliaire de Guatemala Ciudad lâchement assassiné après la publication de son rapport qui impliquait terriblement l’armée dans le massacre de dizaines de milliers de civils ces 30 dernières années. (apic/misna/pr)

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