Rome: Présentation du préambule de la Constitution européenne
Rome, 29 mai 2003 (Apic) Le Saint-Siège n’a pas réagi officiellement après la présentation du préambule de la Constitution européenne, en raison de la fête de l’Ascension, mais la déception est prévisible. Mgr Tauran l’avait du reste laissé entendre en relevant qu’un simple rappel du patrimoine spirituel serait insuffisant. La première réaction est pourtant tombée, de la bouche du cardinal Tucci, qui parle d’»offense à la raison».
Tel qu’il a été présenté le 28 mai au soir, le projet de Constitution européenne, qui devra être validé en juin prochain, ne comporte aucune référence explicite au christianisme, mais simplement à «l’héritage religieux et spirituel» de l’Europe. C’est une déception importante pour le Saint-Siège qui, s’il n’a pas encore réagi officiellement en raison de la fête de l’Ascension, devrait faire connaître son avis dans les prochains jours.
Pourtant, la Conférence des Eglises Européennes (KEK) et la Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (COMECE) ont salué le 27 mai le projet remanié de la première partie de la Convention européenne. Dans une déclaration publiée mardi, les Eglises disent y apprécier en particulier les valeurs basées sur le respect de la dignité humaine et des droits de l’homme, la démocratie, la liberté, la justice, la solidarité, le développement durable et la poursuite du bien commun.
La première réaction du Vatican est cependant tombée de la bouche du cardinal italien Roberto Tucci. La seule mention de l’héritage religieux dans le projet de préambule de la future Constitution européenne «est une offense à la raison, au bon sens», a estimé jeudi le président de Radio Vatican, le cardinal Tucci. «C’est une offense à la raison, au bon sens et à une bonne partie des citoyens européens», a-t-il estimé. Le Vatican a demandé à de nombreuses reprises que la future constitution européenne mentionne les racines chrétiennes du vieux continent. Le cardinal juge le projet de préambule «très bon» dans son ensemble, mais déplore à propos des références à l’héritage religieux, que «le texte n’a pas eu le courage de reconnaître le fait historique de l’influence du christianisme dans la culture européenne».
Le 25 mai, Mgr Jean-Louis Tauran, secrétaire pour les relations avec les Etats, avait de son côté prévenu qu’un rappel «du patrimoine spirituel» dans la Constitution, serait «absolument insuffisant». Il avait, en outre, affirmé dans cet entretien au quotidien italien «Corriere della Sera», qu’une mention générique du patrimoine religieux, serait inadéquate».
Le projet de la Constitution européenne sera présenté au Conseil de Salonique, en juin prochain, auquel prendront aussi part les 10 nouveaux membres de l’Union européenne. Une conférence intergouvernementale devra ensuite, à partir du mois d’octobre prochain, évaluer et amender le texte élaboré par le groupe de travail dirigé par Valéry Giscard d’Estaing.
Rejet de l’Eglise orthodoxe grecque
L’Eglise orthodoxe grecque en revanche déjà réagi en qualifiant jeudi d’»insuffisante» la mention d’un héritage «religieux» de l’Europe dans le projet de préambule de la future Constitution européenne, jugeant que ce texte devait faire clairement référence aux «racines chrétiennes» de l’UE.
L’Eglise grecque, non-séparée de l’Etat, «veut une référence précise et catégorique aux racines chrétiennes de l’Europe, et ne peut se satisfaire de la mention contenue dans le projet», a déclaré son porte-parole, Haris Konidaris. Il assure que l’Eglise grecque orthodoxe continuera à se battre. Sans doute ne sera-t-elle pas seule. Le Saint-Siège emboîtera sans le pas. «Cette position est la même que celle du Vatican», a du reste ajouté Haris Konidaris.
Konidaris a aussi souligné le refus de son Eglise de voir mettre sur le même plan la tradition chrétienne et les traditions juives et musulmanes «qui n’ont pas joué le rôle fondamental de la première dans la formation de la culture européenne et dans l’histoire de l’Europe».
Selon les langues de l’UE dans lequel il est décliné, le projet de préambule fait en effet référence soit à «des héritages religieux» au pluriel, comme en allemand, soit à «un héritage religieux» au singulier, comme en grec, quand il ne laisse pas planer le doute, comme en français où il est question «des héritages culturels, religieux et humanistes. (apic/ag/imedia/com/pr)
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