Un « pionnier » de l’Eglise en Europe de l’Est
Rome, 1er juin 2003 (Apic) Le cardinal italien Francesco Colasuonno est décédé samedi 31 mai à l’âge de 78 ans. Ce « pionnier de l’Eglise en Europe de l’Est » comme on l’appelait au Vatican a été nonce apostolique dans de nombreux pays de l’Est avant la chute du mur de Berlin, puis premier nonce à Moscou.
Dans un télégramme à l’archevêque de Bari, région des Pouilles d’où est originaire le prélat, et dans un autre message adressé à la soeur du cardinal défunt, le pape exprime sa « tristesse » pour le décès de « ce pasteur généreux » et souligne « le service fécond à l’Eglise et au Saint- Siège » de ce « frère qui m’est si cher ».
Né le 2 janvier 1925 dans les environs de Bari dans les Pouilles, Francesco Colasuonno est ordonné prêtre en 1947 et étudie la théologie et le droit canon à Rome avant de rentrer dans les services diplomatiques du Saint- Siège en 1958. Il sert d’abord à la Secrétairerie d’Etat jusqu’en 1962, dans ce qui était alors la Section pour les Affaires ecclésiastiques extraordinaires. Il est envoyé ensuite comme diplomate aux Etats-Unis, puis en Inde, puis à Taipei.
Ordonné évêque à Bari le 9 février 1975, il est nommé premier délégué apostolique au Mozambique, qui vivait alors des jours dramatiques. Il lui est arrivé là-bas de se trouver tenu en isolement complet pendant trois jours. En mars 1981, il devient pro-nonce apostolique au Zimbabwe puis pro- nonce apostolique en Yougoslavie en janvier 1985. En avril 1986, il est nommé nonce apostolique avec des charges spéciales, et chef de la délégation du Saint-Siège pour les contacts permanents de travail avec la République de Pologne.
C’est en mars 1990, qu’il devient le premier représentant officiel du Saint- Siège auprès de l’URSS, au rang personnel de nonce apostolique. Les quatre années de son service diplomatique à Moscou ont été d’une importance fondamentale non seulement pour les rapports avec le Saint-Siège, mais aussi pour la renaissance de l’Eglise catholique dans les territoires faisant partie autrefois de l’Union Soviétique. C’est alors qu’il est nonce à Moscou que le Saint-Siège crée les administrations apostoliques de la Russie européenne, de la Sibérie et du Kazakhstan, qui ne deviendront des diocèses que 10 ans plus tard.
Diplomate présenté comme un homme-clef du Saint-Siège à cette époque d’après la chute du mur de Berlin et de l’ouverture des pays de l’Est, Jean Paul II couronne sont service en le nommant nonce apostolique en Italie en avril 1995 et le créé cardinal le 21 février 1998.
Avec le décès du cardinal Colasuonno, dont les obsèques seront célébrées lundi, le collège des cardinaux ne compte plus que 167 membres, dont 111 électeurs âgés de moins de 80 ans. (apic/imedia/sh)
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