Deux tiers des paroisses privées de prêtres en 2012

Lucerne: Le manque de prêtres se ressent toujours plus douloureusement

Lucerne, 10 juin 2003 (Apic) Le manque croissant de prêtres aura des conséquences radicales dans le canton de Lucerne. Selon une analyse du doyen régional Max Hofer, en 2012 « seule une paroisse sur trois aura encore un prêtre à demeure dans le canton ». Solution: ordonner des hommes mariés. Mais en attendant l’approbation du Vatican, les Eglises locales sont contraintes d’adopter des solutions transitoires.

L’étude de l’abbé Hofer a été reprise dans un article du quotidien « Neue Luzerner Zeitung » de mardi. Elle révèle que dans 9 ans, 29 des 101 paroisses actuelles pourront compter sur la présence d’un prêtre, alors que 11 paroisses devraient disparaître par regroupements pour des motifs économiques. Donc 61 d’entre elles seront confiées à un théologien laïc, selon l’analyse du doyen régional de Lucerne. Actuellement, près de la moitié des communautés paroissiales ont à leur tête un « Gemeindeleiter », à savoir un théologien nommé responsable de paroisse, alors que la responsabilité canonique est confiée à un prêtre venant de l’extérieur ou en âge de retraite.

Le diocèse de Bâle, qui regroupe dix cantons, compte quatre ordinations par années, selon les indications de Max Hofer, alors que près de 20 prêtres quittent en moyenne leur ministère paroissial, « presque exclusivement pour des motifs d’âge ou de santé, mais parfois aussi en raison de leur décès ». Chaque année, dix à quinze laïcs sont engagés par le diocèse pour les remplacer.

Eviter les prêtres itinérants

Vu la situation, le doyen de Lucerne remet en question le nombre de messes célébrées dans les paroisses. A moyen ou long terme, il convient de décider, en ville de Lucerne, « si plusieurs paroisses doivent être confiées à un seul prêtre ou si les fidèles se déplaceront dans une autre paroisse pour la messe ». Pour le chanoine Hofer, la deuxième solution s’impose: « Un prêtre ne peut pas être maintenu longtemps en constant déplacement, car il sera confronté à un stress qui va le décourager ».

Max Hofer souligne qu’il y a deux décennies, seuls les prêtres portaient la responsabilité de la paroisse car l’Eucharistie jouait alors un rôle central dans la communauté. « Mais cela a changé », affirme le doyen régional. Les charges administratives, tout comme l’engagement social et la communication ont pris une grande importance, alors que le domaine de la liturgie a constamment baissé, au même titre que le nombre de fidèles à la messe.

Tout en proposant une réflexion sur l’identité du prêtre, et sur le nombre dont l’Eglise a besoin, le chanoine Hofer se prononce pour l’ordination d’hommes mariés. « Mais pour accomplir ce pas, nous avons besoin de l’approbation de Rome », souligne-t-il. Jusqu’alors, l’Eglise sera contrainte d’adopter des solutions transitoires. (apic/nlz/wm/bb)

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