Tokyo: Session pour relancer le processus de paix au Sri Lanka
Colombo, 11 juin 2003 (Apic) La mise à l’écart des représentants tamouls lors de la réunion qui a mis en présence mardi à Tokyo, au Japon, des représentants de 51 pays et d’agence internationales en vue de relancer le processus de paix au Sri Lanka, a été vivement critiqué par les chrétiens de ce pays divisé par la guerre civile.
Les responsables d’Eglise sri-lankais ont en effet déploré l’absence des Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) lors d’une réunion tenue à Tokyo, au Japon, le 10 juin, durant laquelle des donateurs étrangers se sont engagés à verser 4,5 milliards de dollars pour relancer les négociations de paix à Sri Lanka.
La conférence des donateurs à laquelle ont participé des représentants de 51 pays et de 22 agences internationales, était «une occasion de renforcer la crédibilité du processus de paix aux yeux du monde extérieur», a constaté l’évêque de l’Eglise de Ceylan, Kumara Illangasinghe, président du Conseil chrétien national du Sri Lanka. Selon lui, en raison de l’absence des LTTE, on encore loin de cet objectif.
Les rebelles, connus sous le nom de Tigres tamouls, mènent une guerre civile au nom des minorités parlant le tamoul, et contrôlent les régions tamoules dans le nord et l’est du pays.
Le conflit ethnique a déjà causé la mort de plus de 65’000 personnes depuis 1983, date à laquelle les LTTE se sont soulevés contre la domination de la majorité bouddhiste d’expression cinghalaise. Les Tamouls représentent 18% des 19 millions d’habitants.
Déplorant le manque d’action concernant les décisions prises durant les six séries de négociations de paix avec le gouvernement depuis l’an dernier, en avril, les Tigres se sont retirés unilatéralement des négociations.
Au moins 1,5 million de personnes ont été déplacées par le conflit ethnique. Des milliers de Tamouls vivent dans des camps de réfugiés de fortune sans abri convenable ni emploi régulier.
«Même si le processus de paix devait mettre fin aux souffrances des Tamouls déplacés, il n’a pas apporté beaucoup de résultats à ce jour», a pour sa part déploré le pasteur S. Jeyanesan, de l’Eglise de l’Inde du Sud au Sri Lanka.
Connu autrefois comme la mission américaine de Ceylan, le diocèse de Jaffna de l’Eglise de l’Inde du Sud, au Sri Lanka, comprend des Tamouls qui ont des liens historiques avec l’Etat du Tamil Nadu dans le sud de l’Inde.
Le pasteur méthodiste de Trincomalee, Satkunnayagam Sylvester Terrence, estime que «même si l’effusion de sang a cessé et que les gens ont la liberté de mouvement, il y a eu très peu de progrès dans la vie des personnes déplacées». Selon lui, les Tamouls ne pourront retourner chez eux si le gouvernement ne se retire pas des zones de haute sécurité comme cela a été convenu durant les négociations précédentes». (apic/eni/pr)
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