Elections présidentielles tronquées

Togo: Huit ONG dénoncent les actes de répression du gouvernement

Lomé, 13 juin 2003 (Apic) Dans un message diffusé le 13 juin, huit organisations internationales relèvent les irrégularités qui ont permis l’élection à la présidence du général Gnassingbé Eyadéma au Togo. Elles dénoncent les actes de répression qui marquent le pays depuis un mois et demandent la libération de tous les opposants au régime détenus pour motif politique.

Le général Eyadéma a été confirmé le 1er juin à la présidence togolaise, « après 36 ans de pouvoir autoritaire marqué par des violations massives des droits de l’homme et au cours desquelles les assassinats politiques se sont multipliés », dénoncent les huit organisations signataires. Celles-ci soutiennent que la transparence et l’équité du scrutin ont été « sérieusement compromises » et ont connu « des manipulations diverses à tous les niveaux du processus électoral dans le but d’assurer la victoire au Général Eyadéma ».

Les organisations ont recensé de nombreuses arrestations parmi les membres de l’opposition depuis février 2003. Certains, comme Marc Palanga et Mazama Takassa, membres du parti d’opposition UFC, sont toujours détenus et subissent des actes de tortures. De plus, « la campagne dans les médias d’Etat a été confisquée par le seul parti RPT, au pouvoir, en violation des dispositions du Code électoral togolais prévoyant un libre accès des candidats aux médias publics et un temps d’intervention égal pour tous », affirment les signataires du message.

Violence, arrestations, actes de torture

« Le jour du scrutin et après la proclamation des résultats le 4 juin, de violents affrontements ont opposé les forces de sécurité aux populations civiles à Lomé et dans les localités de Tsévie, Gbatope et Djagble. L’armée a fait usage de matraques, de gaz lacrymogènes et de balles réelles. Trois personnes ont été tuées tandis que de nombreux blessés graves ont été signalés dans les hôpitaux. On dénombre plusieurs arrestations parmi les manifestants. Les personnes arrêtées seraient détenues dans des commissariats de police où elles sont régulièrement molestées et torturées », dénoncent les organisations, qui font également état de rappel à l’ordre de « tous les journalistes indépendants qui ont fait état des irrégularités qui ont entaché le scrutin ». De même, des militaires soupçonnés d’avoir voté pour l’opposition ont été mis aux arrêts au lendemain du scrutin. « Nous craignons que les autorités ne procèdent à une purge comme cela a été le cas en 1993 et 1998 », affirment les signataires.

Pour la libération des prisonniers d’opinion

Les huit ONG dénoncent toutes les formes de recours à la violence, d’arrestations et de détentions arbitraires, de tortures, de menaces et d’intimidation exercées par les autorités togolaises tendant à museler les libertés d’expression, d’opinion et de manifestation. Elles exigent des autorités togolaises la libération immédiate de tous les prisonniers d’opinion.

Le message est signé de l’ACAT France (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), Agir ensemble pour les droits de l’Homme, Fédération internationale de l’ACAT (FI.ACAT), Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH), Franciscans International, Organisation mondiale contre la torture (OMCT), Secours-Catholique / Caritas France, Survie. (apic/com/bb)

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