L’enseignement du wahhabisme, une menace pour la paix

Mauritanie: Fermeture d’un institut saoudien à Nouakchott

Nouakchott, 13 juin 2003 (Apic) Le gouvernement mauritanien a ordonné le 10 juin la fermeture de l’institut saoudien des études islamiques à Nouakchott. Il a justifié cette mesure par une «pacification» du climat islamique dans le pays. Une tentative de coup d’état pro-islamiste, consécutive à une campagne répressive du gouvernement depuis début mai, a été mise en échec les 8 et 9 juin.

Le ministère des affaires étrangères a adressé le 10 juin à l’ambassade d’Arabie Saoudite, à Nouakchott, une note lui signifiant la fermeture de l’institut. Celui-ci accueille des étudiants en langue arabe de toute l’Afrique noire pour des cours en théologie.

Les dirigeants mauritaniens reprochent à l’établissement d’enseigner le «wahabisme». Cette doctrine de l’islam fondée en Arabie Saoudite au 18e siècle par le cheikh Mohammad ibn Abdel Wahab (1703-1792), prône un intégrisme musulman orthodoxe, afin de rendre à cette religion «sa pureté originelle». De plus en plus de pays accusent cette confrérie d’être source de terrorisme.

Le wahabisme est peu développé en Afrique. Les musulmans de Mauritanie, du Sénégal et leurs co-religionnaires des autres pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique du Nord pratiquent le rite malékite. Plus tolérant et plus ouvert, il est considéré comme plus adapté aux contextes socio-culturels locaux.

Hebdomadaire de langue arabe fermé

Par ailleurs, le gouvernement mauritanien a ordonné la fermeture d’un hebdomadaire local de langue arabe. Il a également lancé un mandat d’arrêt contre le directeur de publication du journal qui vit aujourd’hui dans la clandestinité, a rapporté la Fondation des Médias de l’Afrique de l’Ouest (Fmao), basée au Ghana et citée par le Réseau d’Information Intégré de l’Onu (Irin). L’hebdomadaire «Erraya» a été fermé le 29 mai pour «subversion et intolérance».

Depuis début mai, un nombre important de fondamentalistes ont été arrêtées en Mauritanie. Ce sont essentiellement des professeurs d’université, des chefs religieux, des étudiants, ainsi que des opposants au régime. Ils sont accusés de «complot contre l’état».

Arrestations dans les rangs de l’opposition

La Fédération Internationale des Ligues de Droits de l’Homme (Fidlh), basée à Paris, a protesté contre les arrestations et le procès de neuf membres d’un parti d’opposition «Nouhoud». Cette formation politique est sous le coup d’une interdiction. Ses militants arrêtés ont été condamnés le 29 mai à des peines de trois à six mois de prison, pour «création d’une association clandestine et résurgence d’un parti politique qui avait été dissout», a affirmé la Fidlh. Elle a également affirmé que le procès était «truqué». L’équipe de la défense, désignée par les autorités, a plaidé coupable au nom des accusés sans les consulter.

30 membres d’un autre parti politique d’opposition, le Mouvement des Forces Démocratiques (Mfd) et un prêcheur islamiste ont comparu le 3 juin devant un tribunal de Nouakchott, pour trahison. Ils sont accusés «d’utiliser des lieux de culte pour une propagande subversive et d’avoir des liens avec des réseaux étrangers». (apic/ibc/bb)

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