Remous à la Faculté de théologie de l’Université de Fribourg
Fribourg, 13 juin 2003 (Apic) La Faculté de théologie de l’Université de Fribourg traverse une crise qui met en lumière des tensions internes. Le seul candidat annoncé pour la succession du Professeur Keel au département d’études bibliques, Christoph Uehlinger, a été refusé à deux reprises par le Conseil de la Faculté de théologie.
La commission d’appel, formée de quatre professeurs du sérail, un de l’extérieur, trois cadres intermédiaires et deux étudiants, avait pourtant préavisé favorablement la postulation de l’assistant d’Othmar Keel. Mais il y a une semaine, le Conseil de la Faculté a confirmé son refus d’engagement de Christoph Uehlinger, prononcé une première fois en mai 2002. Il aurait fallu une majorité de deux tiers pour l’accepter. Or, selon les informations qui sont parvenues à la presse, onze voix se sont prononcées pour, six contre et deux membres se sont abstenus. Il s’en est donc fallu d’une voix. Les oppositions proviennent essentiellement de professeurs qui ne sont pas versés dans le domaine bibliques, selon le quotidien « La Liberté » du 13 juin. Le « Tages Anzeiger » de Zurich, dans son édition du 12 juin, pointe le doigt vers les dominicains Guido Vergauwen, ancien doyen et professeur de théologie fondamentale, et Guy Bedouelle, professeur d’histoire de l’Eglise, ainsi que Barbara Hallensleben, professeur de dogmatique.
Vague de protestations à travers le monde
Les compétences du Schaffhousois Christoph Uehlinger, présent à Fribourg depuis une vingtaine d’années, sont pourtant reconnues au niveau international. De nombreux messages de protestation, et non des moindres, sont d’ailleurs parvenus depuis une année à l’Université de Fribourg. Ils proviennent entre autres de Jérusalem, Berlin, Princeton, Harvard, Tübingen et Louvain.
Plusieurs motifs ont été évoqués par les médias pour expliquer ce mouvement d’opposition. Le seul exprimé dans les rangs universitaires touche une question de principe. Le fait qu’il n’y ait qu’une seule candidature pour le poste de professeur d’Ancien Testament a été déploré par plusieurs professeurs. « A d’autres occasions, et en particulier lorsque cela concernait un dominicain, la Faculté a été beaucoup moins soucieuse », déplore le professeur Keel, dans les colonnes du quotidien « Freiburger Nachrichten » du 13 juin. La Liberté évoque pour sa part l’ombre fait à la Faculté de théologie par le département d’études bibliques, notamment grâce aux recherches entreprises par le professeur Keel. Ce dernier a rassemblé une collection de 12’000 pièces archéologique de l’époque biblique: monnaies, cachets, sceaux, scarabées, amulettes, . Le département s’apprête à ouvrir un « Musée Bible + Orient » dans la Tour Henri, à proximité de l’Université de Miséricorde. La Fondation Gebert Rüf a soutenu pour un montant de 485’000 francs une exposition itinérante durant la période 2001- 2003. Le « Tages Anzeiger » évoque pour sa part des confrontations internes à la Faculté de théologie, qui se seraient exprimées à cette occasion contre Christoph Uehlinger, jugé trop libéral par certains milieux.
Vers une autre solution
Le professeur Adrian Schenker, dominicain et doyen de la Faculté de théologie, a affirmé à l’Apic qu’il regrettait que les informations internes liées à cette succession aient été rendues publiques. Lui-même a soutenu de toutes ses forces la candidature de Christoph Uehlinger, mais doit respecter la décision de ses collègues. Il a l’intention de « sauver ce qui peut encore être sauvé ». Avec le recteur Urs Altermatt, il va tenter de transférer une grande partie des travaux de recherche entrepris par l’équipe du professeur Keel dans la Faculté de philosophie, ce qui permettrait à l’Université de Fribourg de conserver Christoph Uehlinger. (apic/job/bb)
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