Pour une « force de maintien de la paix crédible »
Genève, le 16 juin 2003 (ApicI) Le secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE), le pasteur Konrad Raiser, a demandé le 13 juin au secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan, l’intervention « d’une force de maintien de la paix crédible » au Libéria. Parallèlement, la Conférence des Eglises de toute l’Afrique (CETA) fait a fait à l’ONU une demande similaire pour contrer « l’escalade des combats au Libéria entre les forces gouvernementales et les rebelles ».
« Etant donné la gravité d’une situation devenue proche de l’anarchie, il est difficile de prévoir un cessez-le-feu durable sans le soutien d’une force de maintien de la paix crédible », a souligné le pasteur Raiser.
Par ailleurs, la Conférence des Eglises de toute l’Afrique (CETA), dont le siège est à Nairobi, a aussi appelé l’Union africaine et les Nations Unies à envoyer des forces de rétablissement et de maintien de la paix. « L’expérience a montré que sans celles-ci un accord d’armistice ne peut durer », souligne la CETA dans un communiqué.
Les espoirs de succès dans des négociations visant à mettre fin à des années de guerre au Libéria se sont évanouis le vendredi 13 juin après que le président Charles Taylor eut déclaré qu’ils échoueraient à moins qu’un tribunal des Nations Unies n’annule les accusations pour crimes de guerre portées contre lui. En même temps, les rebelles affirmaient qu’ils ne voulaient « pas négocier avec un criminel ».
Dans sa lettre adressée à Kofi Annan, le pasteur Raiser note que les combats entre les forces gouvernementales et le groupe des Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD), ont encore aggravé les souffrances de la population. Des milliers de personnes, et parmi elles des personnes déjà déplacées des pays voisins, se retrouvent une fois de plus déracinées et fuient dans l’espoir de trouver un lieu plus sûr.
« Le COE appelle les Nations Unies à soutenir l’initiative de paix de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et du groupe international de contact pour le Libéria (ICGL) et à encourager les parties en conflit à s’entendre sur la présence de forces de maintien de la paix afin d’empêcher la situation de se détériorer et d’entraîner une autre grave tragédie humaine », a encore déclaré Konrad Raiser.
La CETA, dans son communiqué, demande que la CEDEAO garantisse la mise en place d’un processus de paix clairement défini, accepté par toutes les parties en conflit. « L’accord de paix doit inclure la formation d’un gouvernement de transition avec des acteurs et des responsabilités clairement définis », souligne la CETA, qui rassemble quelque 170 Eglises membres de 39 pays africains. (apic/eni/sh)
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