Afrique: Le trafic humain rivalise d’importance avec les armes et la drogue, estime l’Unicef
Dakar, 18 juin 2003 (Apic) L’Unicef appelle à l’élimination des pires formes de travail des enfants et à une coopération internationale efficace dans la lutte contre la traite humaine. A l’occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants, célébrée le 16 juin, l’organisation estime dans un communiqué que le commerce mondial d’êtres humains commence à rivaliser en importance avec la vente illicite d’armes et de drogue.
Un rapport de l’Organisation internationale du Travail publié en 2003 évalue à 12 milliards de dollars par an les revenus tirés de la traite des êtres humains. Les trafiquants considèrent les enfants comme des marchandises. Faciles à manipuler, ils sont très demandés et peuvent être exploités pendant une longue période. Tenus à l’abri des regards, souvent dépourvus de toute protection légale, les adolescents se laissent séduire par la promesse d’une bonne éducation ou d’un «meilleur emploi». Ils passent la frontière en fraude et une fois à l’étranger, loin de chez eux, ils perdent leurs repères, dénonce l’Unicef. «Sans papiers, piégés dans un milieu qui n’a plus rien de protecteur, ils peuvent être obligés de se prostituer, de travailler comme domestiques, de se marier à un âge précoce et contre leur gré ou d’entreprendre des travaux dangereux et pénibles».
Près de 1,2 millions de victimes par an
Il n’existe pas de données absolues sur la traite des enfants. Mais les organisations internationales estiment à 1,2 million le nombre de victimes chaque année. Des fillettes qui n’ont parfois que 13 ans (surtout en Asie et en Europe de l’Est) sont vendues comme «épouses par correspondance». Les filles qui servent de domestiques se voient refuser tout accès à l’éducation et sont souvent victimes d’abus sexuels. A Fidji, par exemple, une étude de l’Unicef a révélé que huit domestiques sur dix se plaignaient d’abus sexuels de la part de leur employeur. La traite d’enfants est considérée comme un problème majeur dans au moins la moitié des pays africains, d’après une étude menée par le centre de recherches «Innocenti» de l’Unicef. Celle-ci «est résolue à prévenir et abolir» le trafic des enfants.
La Journée mondiale contre le travail des enfants a été initiée en 1991 par l’Organisation de l’Unité Africaine (Oua). Elle commémore les atrocités commises contre les enfants, révoltés d’Afrique du Sud en juin 1976 pour protester contre l’enseignement de l’afrikaans à l’école. (apic/ibc/bb)
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