Lucerne: L’Action de Carême a connu une baisse des dons de 10% en 2002

Oui aux partenariats à long terme et non aux «dons charitables»

Lucerne, 18 juin 2003 (Apic) Une baisse des produits des collectes de deux millions de francs, soit 10% par rapport à l’année précédente. C’est le constat «douloureux» exprimé par Antonio Hautle, directeur de l’Action de Carême (AdC), lors du bilan annuel de l’oeuvre présenté à la presse le 17 juin. Une nouvelle stratégie s’impose: la fin des dons «charitables» pour se centrer uniquement des partenariats à long terme.

En observant la courbe des produits financiers de l’Action de Carême, force est de constater que les années grasses de l’oeuvre se trouvent derrière elle. Depuis 1996, les montants des collectes paroissiales n’ont cessé de diminuer. Les derniers chiffres confirment une baisse drastique des contributions financières de la part des catholiques suisses. Alors que les quêtes et autres contributions étaient encore de 20,8 millions de francs en 2001, elles ont chuté à 18,8 millions l’an dernier.

Antonio Hautle, directeur de l’AdC depuis un peu plus de deux ans, a exprimé devant la presse trois motifs expliquant cette chute. Premièrement: l’érosion du domaine religieux en général entraîne une baisse de la fréquentation des messes dominicales. Durant les six semaines de la Campagne de Carême, qui précédent la fête de Pâques, les quêtes subissent donc la même baisse que la pratique religieuse. Deuxièmement: les turbulences internes qui ont précédé la nomination d’Antonio Hautle, et qui avaient provoqué plusieurs départs au sein de l’oeuvre, ont conduit à une réorganisation de l’Action de Carême. Il s’en est suivi un affaiblissement des forces engagées dans les campagnes de ces deux dernières années. Troisièmement: l’actuelle récession économique a entraîné une baisse des montants versés dans les paniers des quêtes et lors des soupes de Carême. Lorsque les foyers connaissent des problèmes financiers, ce sont souvent les dons aux organisations qui sont supprimés en premier.

Réduire au maximum le danger de corruption

Il est donc devenu nécessaire de revoir les priorités de l’AdC, engagée dans 26 pays d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique, ainsi que dans des projets en Suisse. Le nouveau programme stratégique de l’oeuvre exclut dorénavant tout soutien à des actions ponctuelles pour se concentrer sur des projets à plus long terme et dans le cadre d’un réseau de partenariat. Selon Antonio Hautle, c’est de cette façon que sera garantie une efficacité à plus long terme des programmes et actions développées dans le monde par l’AdC, tout en réduisant au maximum les dangers de corruption. L’expérience démontre qu’entre 40 et 60% des projets non contrôlés sont entachés par ce fléau. Antonio Hautle prône une «tolérance zéro» face aux détournements de fonds. Il est d’ailleurs déjà arrivé que l’Action de Carême renonce à soutenir des projets pour cette raison. «Il faut être clair: nous n’admettons pas la corruption!», lance le directeur de l’oeuvre d’entraide.

«Le partenariat offre la meilleure garantie que les contributions soient bien investies. A l’Action de Carême, cela passe par des mandats clairs et des contrôles», soutient Antonio Hautle. Des consultants engagés par l’oeuvre d’entraide vérifient sur place que les montants soient attribués aux projets convenus et contrôlent le suivi des travaux.

L’accompagnement des projets, garant d’une «haute qualité reconnue» du travail de l’AdC a aussi son prix. L’oeuvre y consacre entre 7 et 12% des montants attribués, affirme son directeur. Ce taux reste cependant inférieur à celui de la Direction du Développement et de la Coopération à Berne. Cet organe de la Confédération attribue 15% des montants à la surveillance de ses projets. BB

Encadré:

Lorsque les paroisses quêtent pour leurs propres projets

Antonio Hautle a une nouvelle fois abordé le problème des paroisses récoltant des fonds pour leurs propres projets missionnaires durant carême. En utilisant le matériel de l’AdC, elles induisent les fidèles en erreur, déplore le directeur de l’oeuvre. Ce dernier estime que les paroisses ne sont souvent pas en mesure d’assurer un suivi de leurs projets sur place, afin d’assurer que les montants récoltés soient vraiment utilisés pour le but annoncé. BB

Encadré:

Des produits pour 23 millions de francs

La collecte de Carême et les dons directs ont rapporté 18,8 millions de francs en 2002. La contribution de la Confédération et les dons d’autres collectivités (communes, fondations et oeuvres d’entraide) se montent à près de 2,9 millions de francs. D’autres entrées (produit des immeubles, réserves pour la Suisse, montants non versés, .) s’ajoutent pour une somme de 1,3 millions de francs. Au total, les produits 2003 de l’Action de Carême s’élèvent à 23 millions de francs.

Les dépenses 2002, pour un montant total de 24,5 millions de francs, sont attribués à raison de 17,95% aux projets pastoraux et missionnaires; 33,28% aux projets de développement et 16,36% aux projets suisses. Les frais de gestion des projets se montent à 9,28% des dépenses; les frais administratifs à 5,35%; la documentation pour la campagne de carême et une réserve pour la formation à 6,69%; les projets de communication et la formation à 5,21%. Le reste des dépenses, environ 6%, est ventilé entre le marketing, les charge des immeubles, etc. BB

Des photos récentes du travail de l’AdC peut être commandées à l’agence CIRIC, Chemin des Mouettes 4, CP 405, CH-1001 Lausanne. Tél. ++41 21 613 23 83 Fax. ++41 21 613 23 84 E-Mail: ciric@cath.ch

(apic/job/bb)

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