Argentine: Dix militaires dont 3 encore en activités accusés du massacre de Chaco en 1976
Buenos Aires, 20 juin 2003 (Apic) Dix militaires, dont trois encore en activité, ont été accusés par le juge fédéral Carlos Skidelsky d’avoir participé au « Massacre de Margarita Belén », dans la province de Chaco.
Dans cette localité de l’Argentine septentrionale, à environ 1’000 kilomètres de la capitale Buenos Aires, 22 prisonniers politiques détenus dans la prison de la ville de Resistencia ont été massacrés le 13 décembre 1976. Les responsables de cet acte étaient alors tous des sous-lieutenants de l’armée.
Les victimes, membres de l’opposition politique au tout récent régime militaire sanguinaire, ont toutes été frappées avant d’être assassinées. Selon le Ministère de la Défense argentin, parmi les personnes accusées de ce massacre figure Horacio Losito, aujourd’hui attaché militaire auprès de l’Ambassade argentine à Rome.
Présenté par l’armée comme une tentative d’évasion
Pendant des années, le massacre a été passé sous silence et présenté par les milieux de l’armée, complice avec la dictature, comme le résultat d’un affrontement armé avec les 22 prisonniers alors qu’ils tentaient de s’évader. Les enquêtes menées par le juge Skidelsky confirment au contraire les accusations des parents des victimes, selon lesquels il y a eu une véritable exécution.
Ricardo Brinzoni, ex-chef de l’armée, actuellement non incriminé, pourrait figurer selon Skidelsky parmi les mandataires de ce massacre. En 1976 il occupait en effet la charge de haut fonctionnaire du gouvernement militaire de Chaco. Le nouveau président Néstor Kirchner a destitué depuis peu Brinzoni et 27 autres généraux. (apic/misna/pr)
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