L’éventualité d’un voyage de Jean Paul II en Serbie se rapproche

Bosnie-Herzégovine: La demande de pardon du pape suscite des réactions plutôt positives

Rome, 23 juin 2003 (Apic) Au lendemain de la demande de pardon de Jean Paul II à Banja Luka, en plein fief des Serbes de Bosnie-Herzégovine, où il s’est rendu pour son 101e voyage à l’étranger, les réactions serbes orthodoxes sont plutôt positives. L’éventualité d’un voyage du Souverain pontife en Serbie se rapproche.

Pour l’ambassadeur du nouvel Etat de Serbie et Monténégro près le Saint-Siège, Darko Tanaskovic, un voyage de Jean Paul II dans son pays devient maintenant de plus en plus réalisable. Lundi 23 juin 2003, les journaux serbes titraient tous sur la demande de pardon de Jean Paul II.

La veille, au cours de sa visite-éclair de quelques heures dans l’entité serbe de Bosnie, à Banja Luka, le pape avait demandé pardon pour les exactions commises par certains catholiques durant la Seconde guerre mondiale. Il visait notamment les sbires du régime fasciste croate des «Oustachis», alliés d’Hitler, qui ont commis des atrocités, en particulier contre la population civile serbe.

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Interrogé par le correspondant à Rome de l’Apic, Darko Tanaskovic, ambassadeur de Serbie et Monténégro près le Saint-Siège, estime que ce «mea cuipa» est le signe d’une amélioration des relations entre l’Eglise catholique et les Serbes orthodoxes. Selon lui, le discours du pape a permis de tourner la page des conflits qui ont faits successivement des Serbes et des Croates, des victimes ou des bourreaux.

«La meilleure réaction à ce voyage serait une invitation du Saint Synode orthodoxe de Serbie à Jean Paul II», confie-t-il. Même si cela n’a pas encore été fait, il se dit toutefois certain qu’une rencontre entre le patriarche Pavle de Belgrade et le chef de l’Eglise catholique est désormais envisageable. Des rumeurs parlent d’un éventuel nouveau voyage de Jean Paul II en ex-Yougoslavie en 2004.

L’amour et le pardon plutôt que la recherche à tout prix des coupables

Serbe orthodoxe vivant aujourd’hui en Italie, Zeljko Pantelic considère la visite de Jean Paul II dans la Republika Srpska comme un pas en avant dans le dialogue entre les peuples croate – à majorité catholique – et serbe – à majorité orthodoxe. Ayant suivi à la télévision les cérémonies pontificales, il semble optimiste. «Le discours du pape a permis à la fois aux catholiques et aux orthodoxes de commencer à comprendre que la justice est une utopie», affirme-t-il. «Plutôt que de chercher à savoir qui est coupable, il nous faut parler d’amour et de pardon».

Cependant, Zeljko Pantelic pense qu’il faudra encore beaucoup de temps avant d’obtenir des résultats positifs. Ayant lui-même vécu en Bosnie, en Croatie, en Serbie ou encore au Monténégro, il se rend compte aujourd’hui que «la haine et l’indifférence sont tellement enracinées dans certaines régions qu’il faudra plusieurs générations avant de commencer un véritable dialogue». Chacun chez soi, poursuit-il, «nous devons maintenant essayer de construire de vraies sociétés démocratiques, en respectant les minorités. Après, nous pourrons penser à établir petit à petit un comportement civilisé avec les pays voisins». Il reconnaît toutefois que pour la Bosnie-Herzégovine, où vivent trois peuples dans deux entités différentes, aujourd’hui sous protectorat international, la question sera peut-être un peu plus compliquée. (apic/imedia/be)

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