Eviter de nouvelles divisions en Europe

Trondheim 12e Assemblée générale de la KEK

Trondheim, le 26 juin 2003 (Apic) Plus d’une décennie après le démantèlement du rideau de fer qui séparait l’Europe de l’Est et de l’Ouest, de nouvelles divisions risquent d’apparaître sur le continent. Telle est la mise en garde lancée par le pasteur Keith Clements, Secrétaire général de la Conférence des Eglises européennes (KEK), dans le rapport qu’il a présenté le mercredi 25 juin lors de la 12e Assemblée générale de l’organisation, à Trondheim, en Norvège.

Au moment précis où il semblait que « les derniers vestiges de la guerre froide étaient morts et enterrés, le spectre de la division surgit à nouveau, cette fois entre la « vieille et la nouvelle Europe », a-t-il déclaré.

Keith Clements a fait référence à la controverse déclenchée par l’intervention en Irak, conduite par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, qui a été soutenue par des leaders de certains pays d’Europe orientale sur le point d’adhérer à l’Union européenne (UE) l’an prochain, mais fermement rejetée par des membres fondateurs de l’UE, la France et l’Allemagne.

La KEK, fondée en 1959 en vue de jeter des ponts entre les Eglises d’Europe occidentale et celles de l’Est sous domination communiste, se félicite de l’élargissement de l’EU qui va inclure les anciens pays du rideau de fer. Mais, a averti Keith Clements, la controverse à propos de l’Irak pourrait menacer cette unité nouvellement fondée.

« Avons-nous réellement une nouvelle forme de division en Europe, entre ceux qui à l’Ouest voudraient que l’Europe fasse contrepoids à un monde unipolaire dirigé par les Etats-Unis, et à l’Est, ceux qui feraient plus volontiers confiance aux Etats-Unis qu’à leurs voisins européens pour défendre leurs intérêts? » Néanmoins, a fait remarquer le secrétaire général de la KEK, des Eglises européennes se sont exprimées avec force contre une action militaire en Irak.

« Je pense qu’il n’est pas exagéré d’affirmer que, ces trente dernières années, aucun autre sujet d’ordre public ou international n’a autant motivé les Eglises européennes de toutes confessions à s’unir comme elles l’ont fait pour manifester leur opposition à cette guerre. »

Evènement oecuménique

Plus de 800 participants sont réunis à Trondheim du 25 juin au 2 juillet pour cette Assemblée qui est, soulignent les organisateurs, le plus grand événement oecuménique organisé en Scandinavie depuis plus de 30 ans.

La KEK compte plus de 120 Eglises membres – parmi lesquelles la plupart des grandes Eglises orthodoxes, protestantes et anglicanes – de tous les pays d’Europe. L’Eglise catholique n’est pas membre de l’organisation et Keith Clements a fait observer dans son rapport que cela pourrait être réexaminé.

« Si l’on considère parmi nos projets oecuméniques ceux qui ont vraiment vu le jour et porté des fruits, force est de constater que ce sont les domaines où nous avons coopéré avec les instances catholiques romaines. »

Le Secrétaire général de la KEK a rappelé que des organismes de la KEK et de l’Eglise catholique romaine avait collaboré pour présenter la réponse des Eglises au projet de constitution de l’UE présenté ce mois au Sommet de l’EU en Grèce, et élaborer la Charta Oecumenica (Charte oecuménique), un ensemble de lignes directrices visant à promouvoir la coopération entre les Eglises européennes, et entre autres « l’unité visible » de l’Eglise.

« Faut-il en conclure qu’il convient de simplement poursuivre une telle coopération, ou est-ce là un indice que la KEK et l’Eglise catholique ne doivent pas esquiver plus longtemps la perspective de la création d’une instance oecuménique réellement inclusive au niveau européen? » a interrogé Keith Clements La dernière Assemblée de la KEK avait eu lieu à Graz, en Autriche, en 1997. (apic/eni/sh)

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