Trondheim: La KEK cerne les défis de l’Europe en construction
Trondheim, 1er juillet 2003(Apic) Les délégués de la 12e Assemblée de la Conférence des Eglises Européenne (KEK), réunis à Trondheim en Norvège, ont entendu le patriarche Anasthasios et l’ambassadeur français François Scheer présenter les défis de l’Europe. Pour le responsable religieux albanais, l’Europe a besoin d’éthique, de générosité et d’une vision qui apporte enthousiasme et foi en la personne humaine.
Le patriarche Anasthasios, chef de l’Eglise orthodoxe d’Albanie, a porté un regard très ecclésial sur l’Europe. Pour lui, c’est dans l’Eglise corps du Christ qu’elle trouvera la source des valeurs qui doivent la façonner. «Les Eglises locales doivent s’engager dans la transformation de la société en portant les valeurs qui viennent d’elles-mêmes: dignité de la personne, justice, paix, solidarité, amour…», a lancé le prélat aux participants de la KEK.
Les propos tenus par le patriarche albanais ont suscité un débat passionné. Plusieurs délégués, considérant que l’Europe devient sécularisée et laxiste, ont pointé le doigt sur le protestantisme occidental, qu’ils jugent trop complaisant.
L’Europe connaît une crise sur tous les plans
L’ambassadeur français François Scheer a exprimé sa foi en l’avenir de l’Europe, tout en affirmant que le continent connaît une crise importante sur tous les plans. Il fait lui-même trois propositions:
– Revenir aux sources de l’Europe et entreprendre un processus de réconciliation et de paix.
– Regarder les difficultés à venir, lesquelles deviendront toujours plus sérieuses. L’élargissement, qui est une nécessité, refonde une nouvelle Europe dont la nouvelle constitution tient peu compte. Par ailleurs, des pays adhérents s’appuient plutôt sur les Etats-Unis, avec lesquels les relations de l’Europe sont en pleine mutation. «La crise atlantique est beaucoup plus profonde que l’on imagine», soutient l’ambassadeur.
– Se convaincre que l’unité européenne est une absolue nécessité. Il faut tout faire pour être présent au monde indépendamment des Etats-Unis. Alors seulement la solidarité atlantique prendra sens.
Pour François Scheer, trois piliers devraient fonder la construction européenne: la recherche obstinée de la paix, le dialogue permanent avec ses grands voisins et l’établissement de l’Europe comme communauté de valeurs. Les Eglises jouent là une responsabilité particulière, souligne l’ambassadeur. Et de lancer en conclusion: «L’Europe est contre-nature. Si elle n’avance pas, elle ne tiendra pas. Il ne faut pas attendre les pays réticents». (apic/com/bb)
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