Sénégal: Une quarantaine d’imams opposés à l’abandon de l’excision

«Mieux vaut moderniser sa pratique»

Dakar, 2 juillet 2003 (Apic) Une quarantaine d’imams de mosquées de Sédhiou, dans le sud du Sénégal, invités à une séance de sensibilisation sur le danger de l’excision, se sont opposés à un abandon de cette pratique. Ils ont plutôt proposé sa modernisation.

Tostan, une Organisation Non gouvernementale américaine qui mène campagne au Sénégal depuis trois ans contre l’excision, avait convié les chefs religieux du département de Sédhiou à une journée d’information sur «la pratique de l’excision et le mariage précoce jugés néfastes par l’islam». Contre toute attente, les chefs religieux ont dit non à l’abandon de l’excision et souhaité une modernisation de la pratique.

Venus de tous les coins du département de Sédhiou, une zone où les traditions ancestrales sont encore intactes, les dignitaires musulmans ont estimé que plutôt d’interdire une pratique vieille de plus de 2000 ans, il vaudrait mieux la moderniser. Ils ont ainsi suggéré le concours des agents de santé (infirmiers d’état, sages-femmes, .) lors d’une opération. Ils sont restés insensibles aux nombreuses conséquences évoquées par les animateurs de la campagne de sensibilisation contre l’excision. «Nous sommes nés dans cette pratique et nous n’avons jamais connu de problème de santé consécutif à l’excision», ont ils déclaré, ajoutant qu’ils ont toujours su conserver leur «éthique dans la dignité».

Le Sénégal a interdit, l’excision en janvier 1999. La fin de non recevoir des imams de Sédhiou intervient un an après une «déclaration d’abandon» de 300 villages du nord du département de Sédhiou. (apic/ibc/bb)

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