Rome: Jean-Paul II reçoit le nouvel ambassadeur de Corée du sud en audience

Appel à un désarmement «équilibré» de la Corée

Rome, 4 juillet 2003 (apic) Jean Paul II a demandé un désarmement «équilibré» de la Corée, le 4 juillet en recevant au Vatican le nouvel ambassadeur de Corée du sud en audience. Pour sa part, Youm Seong a rendu hommage au rôle international du Saint-Siège, en particulier en Irak ces derniers mois, l’opposant à une puissance «qui se vante de la force militaire».

Au cours de son discours, le pape a abordé la question épineuse de l’armement nucléaire de la Corée, classée par les Etats-Unis sur la liste des pays de ’l’Axe du mal’. Soulignant l’importance de construire l’avenir de la péninsule «sur les solides bases du respect de la personne et dans la recherche constante de la justice et de la paix», Jean Paul II a insisté pour que le pays poursuive «inlassablement les efforts visant à l’élimination progressive, équilibrée et vérifiable des armes de destruction de masse et, en particulier, nucléaires».

S’exprimant en latin, le pape a ensuite fait allusion à la division de la Corée en deux Etats. Faisant part de sa «préoccupation» face à l’existence persistante «de sentiments d’hostilité et d’opposition entre les deux nations», il s’est notamment dit «déçu» de voir le peuple coréen «encore contraint à vivre une pénible division». Cependant, a précisé Jean Paul II en faisant allusion aux efforts de dialogue entre les deux parties, «c’est un motif d’espoir de constater certaines volontés concrètes d’alléger les tensions». Ce dialogue, a-t-il insisté, «doit toutefois se faire dans le respect réciproque et la franchise».

En conclusion, le pape a abordé la question de la présence catholique en Corée. «La communauté catholique constitue une réalité prometteuse», a-t-il affirmé. S’exprimant en son nom, il a alors dénoncé «le triste phénomène de l’avortement, qui constitue une terrible plaie sociale», la diffusion de la pratique du contrôle artificiel des naissances et d’une mentalité «pragmatique qui justifie et encourage les manipulations génétiques», ainsi que la peine de mort encore en vigueur en Corée.

Hommage au rôle joué par le pape lors de la guerre en Irak

Dans son discours prononcé également en latin, le nouvel ambassadeur coréen avait rendu hommage, quelques instants auparavant, au rôle joué par Jean Paul II notamment au cours de la dernière guerre en Irak. «Les gens ont encore plus confiance en vous», a-t-il ainsi affirmé au pape. «Ils se sont rendus compte qu’il existe deux villes au monde, l’une qui se vante de la force militaire, alors que l’autre s’appuie sur la force spirituelle».

Les relations diplomatiques entre le Saint-Siège et la Corée ont été établies en 1966. Alors que la Corée du sud compte environ 4 millions de catholiques – 8% de la population -, il est impossible de chiffrer les catholiques restant en Corée du nord communiste.

Malgré les difficultés, le Saint-Siège poursuit cependant les contacts avec les autorités nord-coréennes, la dernière visite d’une délégation vaticane dans la région remontant au mois de mai 2002. C’était la sixième fois que des représentants du Saint-Siège se rendaient à Pyongyang, capitale de la République populaire démocratique de Corée – Corée du nord -, pour apporter un soutien humanitaire aux populations.

Jean Paul II avait reçu une invitation officielle à se rendre en Corée du nord le 17 juin 2000. L’ambassadeur de la Corée du sud s’était alors rendu chez le Secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, Mgr Jean-Louis Tauran, pour la lui remettre. (apic/imedia/bb)

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