Rome: Le nouvel ambassadeur de Chypre présente ses lettres de créances à Jean Paul II
Rome, 6 juillet 2003 (Apic) Le pape Jean Paul II se réjouit de l’entrée de Chypre dans la Communauté européenne, mais regrette que l’île soit encore divisée. Dans son discours adressé samedi au nouvel ambassadeur, venu présenter ses lettres de créances, il a en effet déploré la division de l’île qui perdure depuis 1974.
La signature du Traité, le 16 avril dernier, qui permettra à la République de Chypre d’entrer dans la communauté européenne en 2004 est « une étape significative pour le pays », a estimé le pape au nouvel ambassadeur, Georgius F. Poulides. De par son « héritage chrétien si profondément encré et durable et qui remonte au début même du christianisme, Chypre sera en avant-garde pour que l’Europe soit toujours plus consciente de ses propres racines chrétiennes » a-t-il ajouté.
Reprenant alors ses paroles adressées en début d’année au corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, Jean Paul II a rappelé l’importance d’une Europe basée sur des valeurs chrétiennes: « Une Europe qui désavouerait son passé, qui nierait le fait religieux et qui n’aurait aucune dimension spirituelle serait bien démunie face à l’ambitieux projet qui mobilise ses énergies: construire l¹Europe de tous! » avait-il alors affirmé devant un parterre d’ambassadeurs.
Le pape a par ailleurs exprimé son « regret » pour l’échec du plan de paix et de réunification de l’île en mars dernier à La Haye, sous l’égide de l’ONU. Au terme de longues négociations, le secrétaire général Kofi Annan avait en effet convoqué les deux parties en conflit pour les convaincre de faire un référendum pour la réunification de l’île divisée depuis 1974 lorsque les Turcs ont envahirent la partie nord de l’île.
Dépasser la crise
Ce référendum aurait dû avoir lieu le 30 mars, avant la signature du Traité d’adhésion à l’Union européenne, afin de permettre à l’ensemble de l’île d’entrer, et pas seulement la République de Chypre, seule entité reconnue par la Communauté internationale. « Il faut espérer que le climat actuel d’intégration dans une Europe qui s’élargit et d’une unité européenne croissante, a ainsi souhaité le pape, générera un élan renouvelé pour fructifier tous les efforts entrepris pour finalement dépasser cette crise ». Jean Paul II s’est en outre félicité de la « volonté » du gouvernement de Chypre de « s’asseoir à nouveau à la table du dialogue et des négociations sous l’égide des Nations Unies et de se dire prêt à se soumettre aux directives du Conseil de Sécurité ».
Pour sa part, le nouvel ambassadeur, qui résidera dorénavant à Rome, l’ambassade ayant été transférée cette année de Berlin à Rome, a souligné combien il est important pour l’île qu’une « Chypre réunifiée » entre dans l’Union européenne en mai 2004. « Sans aucun doute, la grande majorité des Chypriotes turcs partage cette vision » a-t-il souligné. (apic/imedia/pr)
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