Rome: Jean Paul II reçoit le président de la Confédération helvétique au Vatican

«Oubli» de Pascal Couchepin sur la visite du pape en Suisse

Rome, 7 juillet 2003 (Apic) Le pape Jean Paul II a reçu le président de la Confédération helvétique, Pascal Couchepin, le 7 juillet au Vatican. Interrogé par les journalistes à l’issue de la rencontre, le président a avoué avoir «oublié» de parler au pape du projet de visite pontificale en Suisse qui pourrait se faire en juin 2004.

Arrivé en voiture à 10h55 dans la cour Saint-Damase du Palais apostolique, le président suisse est directement monté dans les appartements du pape, précédé d’une vingtaine de «gentilshommes de Sa Sainteté» marchant au pas. Pascal Couchepin était accompagné uniquement de sa femme et de cinq personnes, dont Hansrudolf Hoffmann, ambassadeur en mission spéciale auprès du Saint-Siège, et de Mgr Kurt Koch, vice-président de la Conférence des évêques suisses.

Au cours des dix minutes d’entretien privé, les deux hommes se sont parlés en français, dans la bibliothèque pontificale. Même si peu d’informations ont filtré de cette discussion, le président a affirmé aux journalistes, quelques instants plus tard lors d’une conférence de presse, ne pas avoir abordé la question d’une éventuelle visite de Jean Paul II en Suisse. «J’ai oublié d’en parler», a-t-il simplement déclaré.

De source vaticane, un voyage du pape de deux jours à Berne serait en cours de préparation, pour les 4 et 5 juin 2004. Toutefois, aucune confirmation n’a encore été donnée officiellement, et il manque toujours une invitation officielle de la part du Conseil fédéral suisse. Cette seconde visite de Jean Paul II à Berne – la première remonte à 1984 – coïnciderait avec la tenue d’un Congrès eucharistique.

A l’issue de la rencontre, Jean Paul II a salué chacun des membres de la suite présidentielle. Visiblement en forme, le pape s’est levé à trois reprises pour saluer ses hôtes. Après avoir pris congé du pape, Pascal Couchepin s’est rendu directement au premier étage du Palais apostolique, afin d’y rencontrer le «premier ministre» du Vatican, le cardinal Angelo Sodano.

Interrogé par les journalistes sur le contenu de cet entretien, le président suisse l’a qualifié de «passionnant». «Si j’avais pu, je serais bien rester plus longtemps», a-t-il affirmé en plaisantant. Les deux parties ont abordé des questions d’ordre international, concernant la situation au Proche Orient, la construction de l’Union européenne, ainsi que le rôle du Saint-Siège en faveur du droit international, notamment après la guerre en Irak.

«Notre visite avait pour objectif de rencontrer le pape et de dire la volonté de la Suisse de participer à l’action du Saint-Siège en faveur de la paix», a affirmé le président. Cette audience officielle était la dernière pour Jean Paul II, avant son départ pour sa résidence d’été à Castel Gandolfo, le 10 juillet.

Prudence toute helvétique

Aucune allusion n’a été faite, au cours de cette visite, concernant l’éventualité d’une remise en question des relations diplomatiques entre la Suisse et l’Etat du Vatican. Après la rupture de ces relations le 12 décembre 1873 – suite à «l’affaire Mermillod», projet qui devait faire du Canton de Genève un évêché indépendant -, puis leur rétablissement en 1920, la Suisse n’a plus eu de représentant accrédité auprès du Saint-Siège. Ce n’est qu’en 1991 que le Conseil fédéral a nommé un ambassadeur «en mission spéciale».

La normalisation de ces relations ont souvent été discutées en Suisse. «Nous n’avons fait aucune allusion à cette question», a affirmé Pascal Couchepin, abordant l’éventualité de créer une véritable ambassade à Rome. «Cette question doit être reposée», a-t-il ajouté, précisant que «la Suisse a tout intérêt à créer des canaux avec les institutions universelles comme le Saint-Siège». «Soyons prudents et patients», a-t-il toutefois conclu.

Routine pour la garde suisse

La présence de la Garde suisse pontificale était particulièrement remarquée, à l’occasion de cette visite d’Etat. Cependant, les gardes eux- mêmes ne semblaient pas impressionnés par la venue de leur président. «Nous faisons notre travail comme si nous recevions le président du Burundi», a affirmé l’un d’entre eux à l’Apic. Il a confié être «déçu du manque d’attention de la part du gouvernement suisse à notre situation».

Avant de quitter l’Etat pontifical pour poursuivre sa visite d’Etat en Italie, le président Couchepin s’est entretenu quelques instants avec le commandant de la Garde suisse, le colonel Elmar Mäder. Ce dernier a fait part de la «fierté» des gardes d’être, «depuis plusieurs centenaires, des représentants de la Suisse à Rome». (apic/imedia/sh)

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