Nigeria: Grève générale à Lagos, Mgr Olubunmi tire la sonnette d’alarme
Lagos, 8 juillet 2003 (Apic) «L’augmentation du prix du carburant conditionne de nombreux aspects de la vie des Nigérians et cela finit par les pousser à l’exaspération». Tel est le commentaire livré à l’Agence Misna le 7 juillet pas Mgr Anthony Olubunmi Okogie, archevêque de Lagos, métropole du sud du Nigeria, frappée depuis plus d’une semaine par une grève générale contre l’augmentation des prix des produits pétroliers.
«L’agitation», explique le prélat «a paralysé tout le territoire: nombreuses sont les personnes qui ne vont plus travailler, les étudiants qui ne se rendent plus à l’école tandis que de nombreux habitants ne peuvent ni boire ni manger parce que les magasins sont fermés. Il est clair que tout ceci contribue à l’aggravation du climat de tension, et par conséquent plusieurs personnes, exaspérées, descendent dans la rue et détruisent des voitures ou agressent les autres».
L’archevêque a rappelé que les protestations ont commencé suite à la nomination de nouveaux ministres dans l’exécutif: «Leur premier acte a été l’augmentation du prix de l’essence, de 26 à 40 naira (de 13 à 27 centimes d’euro le litre). Les syndicats se sont insurgés et dans les jours qui ont suivi une série de réunions se sont tenues entre les représentants des travailleurs et divers leader politiques». La principale confédération syndicale nigériane, le National Labour Congress (NLC), a déclaré que la grève continuera jusqu’à ce que le prix du pétrole retrouvera le niveau maximal de 32 naira (16 centimes d’euro).
«Je pense que les protestations pourront durer deux jours encore ou plus», prévoit le prélat, en spécifiant que «le pétrole est l’unique problème: l’augmentation de son prix finira par comporter une croissance analogue des coûts de tous les dérivés du pétrole et des autres ressources énergétiques, et ceci conditionnera évidemment plusieurs aspects de la vie des Nigérians».
Le Nigeria est le plus grand producteur africain de pétrole. Le niveau bas du prix de l’essence a toujours été considéré comme une sorte de bénéfice concédé à une population de 120 millions d’habitants dont 70% vivent en dessous du seuil de pauvreté. L’augmentation, pouvant être considérée comme dérisoire par rapport au coût de la vie en Europe, aura au contraire au Nigeria des conséquences vraiment graves vu la qualité de vie déjà précaire de millions de familles, indique la Misna. (apic/misna/sh)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/nigeria-greve-generale-a-lagos-mgr-olubunmi-tire-la-sonnette-d-alarme/