Vers des unités pastorales toujours plus vastes

Fribourg: Pour l’abbé Donzé, la paroisse reste une structure adaptée à la situation actuelle

Fribourg, 9 juillet 2002 (Apic) Pour l’abbé Marc Donzé, la paroisse doit rester le lieu de référence des communautés chrétiennes. Sans cesse remise en question, notamment depuis le Concile Vatican II dans les années 60, elle doit évoluer mais pas renoncer à sa vocation de «généraliste».

Marc Donzé, expert local au Colloque européen des paroisses qui se déroule à Fribourg du 6 au 10 juillet, pose un regard réaliste sur l’avenir de son diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. Le manque de prêtres a provoqué une restructuration, vers des unités pastorales toujours plus vastes. Une obligation, mais aussi un appel à davantage de collaboration, selon le professeur Donzé.

Apic: «La paroisse n’est plus adaptée à la situation actuelle». Ce constat est posé depuis plusieurs décennies déjà. L’Eglise catholique semble à la recherche d’un modèle idéal qu’elle n’atteindra jamais ..

Marc Donzé: Mais je ne suis pas si sûr que la paroisse soit inadaptée. Elle a plutôt besoin d’être rafraîchie. La paroisse renferme en elle de nombreuses valeurs. C’est un lieu de visibilité, où les gens viennent se rencontrer. La paroisse, avec son côté «généraliste», est tout à fait à sa place.

Apic: Sur les 320 prêtre incardinés dans le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, la moitié ont plus de 65 ans. Quelle en sera la conséquence pour les paroisses?

M.D: Nous verrons des unités pastorales toujours plus larges qui comprennent plusieurs paroisses, afin qu’il y ait au moins un prêtre à leur service. C’est dans ce sens que va la planification pastorale du diocèse. Selon les prévisions actuelles, nous devrons former 65 unités pastorales en 2010. Cela signifie, pour la seule partie francophone du canton de Fribourg, qu’entre 15 et 17 unités pastorales pour les quelque 120 paroisses actuelles.

Apic: Vous soutenez qu’il faut au moins un prêtre de référence pour chaque paroisse. Or, cela n’est déjà plus le cas dans le diocèse de Bâle, où plus de 30% des communautés paroissiales sont confiées à un diacre ou à un laïc .

M.D: L’option est différente dans le diocèse de Bâle, où la paroisse est restée l’unité de base. Dans notre diocèse, notre planification vise à étendre cette unité vers un ensemble de paroisses, confié à une équipe pastorale avec à sa tête un prêtre. Cela reste important du fait que l’eucharistie est l’événement central de la communauté chrétienne.

Apic: L’ordination d’hommes mariés est même soutenue par des évêques et d’autres responsables ecclésiaux. L’Eglise pourra-t-elle éviter longtemps cette question?

M.D: La question est effectivement bloquée au Vatican. Mais je constate qu’elle se pose en de nombreux autres lieux dans l’Eglise. L’ordination d’hommes mariés est souvent perçue comme un moyen d’assurer une célébration de l’eucharistie ancrée dans la vie de la communauté chrétienne. Le risque de voir le prêtre se disperser dans un grand territoire demeure important. Mais je constate également que même si le célibat du prêtre est souvent malmené et constamment remis en question depuis plusieurs siècles, il demeure toujours. Cela tient du miracle .

Les illustrations du Colloque européen des paroisses sont à commander à l’agence CIRIC, Bd de Pérolles 36 – 1700 Fribourg. Tél. 026 426 48 38 Fax. 026 426 48 36 E-Mail: ciric@cath.ch

(apic/bb)

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