Nigeria: Naissance du Conseil africain des chefs religieux pour la paix
Abuja, 13 juillet 2003 (APIC) Les dignitaires des principales confessions religieuses d’Afrique viennent de mettre en place un Conseil africain des chefs religieux pour la paix (CACRP) à l’issue d’une conférence à Abudja, au Nigeria. Il est dirigé par un conseil exécutif de quinze membres dont six chrétiens, six musulmans et trois représentants d’autres religions
Selon un communiqué, le CACRP permettra de promouvoir la coopération internationale religieuse. Il s’impliquera dans la prévention et résolution des conflits, dans la lutte contre le sida et la pauvreté, ainsi que pour la bonne gouvernance. Ses activités seront basées sur «la culture de pragmatisme et de laïcité que le monde a développée et défendue tout au cours de ces derniers siècles».
Les chefs religieux ont interpellé les hommes politiques du continent avec lesquels ils sont amenés à travailler ensemble pour mettre en place «des mécanismes de collaboration adéquats» à travers lesquels ils mèneront des actions communes, dans le respect de la diversité religieuse et politique.
Le CACRP, qui vise à contrecarrer les intégristes religieux de tout bord et la dérive religieuse, a été créé dans un contexte socio-économique difficile pour la majorité des familles africaines. Cette conjoncture difficile est marquée par la l’anonymat et le manque de solidarité de plus en plus grande dans les centres urbains qui se multiplient à cause de l’urbanisation rapide.
De nombreuses organisations internationales et financières, telles que l’Unicef (Fonds des Nations-Unies pour l’enfance), l’Unifem (Fonds des Nations-Unies pour les activités de femmes) , la Banque Mondiale, la Cedeao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), ainsi que des ONG ont participé à la conférence constitutive du CACRP à Abuja. Leurs délégués ont tiré le bilan de plusieurs décennies d’action de recherche «d’une paix de plus en hypothéquée». A ce sujet, ils ont salué le rôle des religieux ou des actes d’inspiration religieuse pendant des crises.
Une mission difficile
Les victimes de ces crises (orphelins, réfugiés handicapés), tout comme les marginaux de la société (notamment sidéens et malades mentaux) ne trouvent, en effet, refuge, sécurité et assistance, dans la plupart du temps, qu’auprès des missions religieuses. En outre, ces personnes de survivent que par la grâce de la charité et de l’aumône, ont encore rappelé les représentants des organisations internationales et des ONG présents aux travaux.
Le secrétaire général de la Cedeao, le ghanéen Mohamed ibn Chambass, a évoqué pour sa part, les difficultés que rencontre l’organisation, dans sa ma mission d’intégration des peuples de l’Afrique de l’ouest et d’amélioration de leurs conditions de vie. «Ce mandat est devenu difficile du fait d’absence de paix et d’harmonie», a-t-il souligné. «En tant que religieux, leur a-t-il dit, vous contrôlez les esprits et les coeurs des gens», ajoutant : «vous avez entre vos mains, l’arme la plus puissante pour prévenir les guerres et restaurer la paix le cas échéant».
Vaste représentativité
Le CACRP est constitué par l’Eglise catholique, largement représentée en Afrique francophone, les protestants, les anglicans que l’on retrouve en zones anglophones, les juifs d’Afrique du Sud, les musulmans dans la diversité de leurs confréries, les vaudous et autres formes de religions traditionnelles africaines.
Ces différentes religions sont représentés par la présidente de l’Association des femmes catholiques d’Afrique, le président de la Conférence de Toutes les Eglises pour l’Afrique, le président des Fraternités Chrétiennes en Alternance avec le Conseil des Provinces Anglicanes d’Afrique, le président de l’Organisation des Eglises Instituées, le chef du Réseau de la Conférence de Toutes les Eglises, le Sultan de Sokoto, le Grand Mufti d’Ouganda, le Cheikh du Conseil Suprême des Musulmans du Kenya, la Présidente des Femmes Musulmanes du Ghana, le président de la Fédération des Associations Islamiques du Sénégal, la présidente des Femmes Musulmanes du Burundi, le président du Conseil Hindou d’Afrique, le leader d’une religion traditionnelle. Des représentants de communautés animistes du Bénin, du Togo, de Côte d’Ivoire, du Gabon, de la République Démocratique du Congo et du Cameroun sont aussi membres du comité.
Le CACRP travaillera en étroite collaboration avec la Conférence mondiale pour la religion et la paix (CMRP). Cette dernière est la plus grande coalition internationale de représentants des religions les plus répandues dans le monde et qui se consacrent à la paix. Créée en 1970, elle est un forum pour tous les chefs religieux. Son siège est à New York. Elle est financée par des fondations et des agences de coopération internationale. (apic/ibc/sh)
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