Angola: La méningite décime les «garimpeiros», les chercheurs d’or et d’illusions

Une centaine y laissent quotidiennement leur peau

Lunda Norte, 16 juillet 2003 (Apic) La méningite décime les chercheurs d’or en Angola. Une centaine de ces derniers y laissent leur peau chaque jour, après avoir été exploités dans des conditions inhumaines.

Ils meurent comme des fourmis dans l’indifférence générale. Une centaine par jour, frappés par une épidémie de méningite qui est en train de les décimer: Ils? Les «garimpeiros», les «artisans» chercheurs de diamants dans la zone occidentale de la province de Lunda Norte, dans le nord-est de l’Angola.

Ce sont en grande partie des Congolais clandestins qui ont passé la frontière de l’ex- Zaïre pour fuir la misère de la guerre et tenter leur chance dans ces terres qui regorgent de pierres précieuses.

Environ 50’000 d’entre eux vivent entassés comme des animaux dans les camps de Bula, Lué, Canzu, Gazela, Capemba, dans les localités de Cuango et Xa- Muteba, où la méningite fait des victimes par centaines.

Une source de l’Agence Misna fait état du drame de ces personnes: selon les données recueillies par l’Organisation Non Gouvernementale (ONG), Comité d’Aide médicale – une des rares à s’être rendue dans la zone – dans le seul camp de Bula la méningite provoque entre 10 et 15 décès au moins par jour.

Dans toutes les zones concernées par l’infection on recense au total environ 120 décès quotidien, en grande partie abandonnés le long des routes et sans aucune assistance médicale, dans une zone peuplée essentiellement par des hommes, mais où sont également présentes de nombreuses prostituées de nationalité congolaise et angolaise.

Les zones d’extraction artisanale des diamants sont contrôlées par les Forces armées angolaises et par la police: pour y entrer, les chercheurs sont contraints de verser une partie de leurs propres gains.

Les autorités locales et militaires, déplore la source citée par Misna, connaissent une corruption endémique: ils demandent aux «garimpeiros» jusqu’à 50% de leurs gains mais ne permettent pas aux institutions sanitaires et humanitaires d’accéder aux zones frappées par l’épidémie.

Ce système de vexations condamne des dizaines de milliers de «garimpeiros» à être exploités sans obtenir en échange aucun type d’assistance. La société civile dénonce pour sa part la complicité et l’inefficacité de l’administration locale et provinciale, incapable selon elle de garantir un niveau minimal de santé publique. Elle lance un appel aux organisations de défense des droits de l’homme, les invitant à se rendre sur les lieux pour «contraindre le gouvernement de Luanda à ramener l’ordre et la légalité». (apic/misna/pr)

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