Séoul: Propositions du synode diocésain remises à Mgr Cheong, archevêque de Séoul
Séoul, 16 juillet 2003 (Apic) Les représentants du synode diocésain de Séoul ont remis à leur archevêque, Mgr Nicolas Cheong Jin-suk, les conclusions de leur travail, engagé voici trois ans. Rédigées sous formes de « propositions », indique « Eglises d’Asie ». A l’optimisme clairement affiché, l’agence « Ucanews » rapporte les propos plus critiques émanant d’employés. Selon lesquels le synode ne dit rien des « problèmes importants » du diocèse, comme celui de « l’autoritarisme du clergé », et du manque de « transparence des finances ».
Les conclusions remises à Mgr Nicolas Cheong Jin-suk comportent 182 articles, regroupés en sept chapitres: l’administration ecclésiale, le clergé, les laïcs, la mission, la catéchèse, les religieuses, et l’évangélisation des jeunes et des milieux sociaux. Mgr Cheong avait convoqué un synode diocésain en mai 2000 pour l’aider à prendre les mesures nécessaires à une évolution normale du diocèse.
Mgr Cheong a promis aux représentants synodaux de faire tout son possible pour mettre en oeuvre ces recommandations, soulignant que tout cela n’aurait aucun sens si tous les diocésains ne participaient pas activement à leur mise en oeuvre. A l’issue de la troisième assemblée générale du 4 juin dernier, 464 membres du Comité organisateur du synode, prêtres, religieuses et laïcs, soit 77 % de l’ensemble des 602 délégués synodaux, avaient voté pour que ces propositions finales soient soumises à l’archevêque.
Le P. Joseph Park Sun-yong, sous-directeur du Comité organisateur, a déclaré à l’agence Ucanews que le processus qui avait présidé à l’élaboration de ces propositions revêtait à ses yeux une grande importance parce qu’il exprimait la prise de conscience des membres du synode découvrant que l’Eglise ne devait plus être cléricale mais être une « communion » entre laïcs, religieuses et clercs.
Les propositions soulignent que non seulement le clergé mais les religieuses également, ne sachant pas très bien ce qu’on entendait par « apostolat des laïcs », avaient demandé que la formation des laïcs soit une priorité pour le diocèse et les prêtres. Elles suggèrent également qu’une « instance propre aux laïcs » soit créée pour soutenir le suivi d’une formation globale pour tous les catholiques.
Bureau au service des femmes
Toujours d’après les propositions, bien que les femmes représentent 60% de l’ensemble des catholiques sud-coréens, elles restent encore marginalisées. La création d’un conseil ou d’un bureau au service des femmes s’impose tant au niveau diocésain que paroissial. Elles suggèrent également la mise sur pied de « paroisses de jeunes » partout où ils se retrouvent en nombre dans le diocèse.
Pour l’administration de l’Eglise, le synode souhaite plus de transparence dans les finances et suggère qu’un corps indépendant de contrôleurs financiers soit établi. Notant que certains prêtres pouvaient avoir une conduite dommageable tant du point de vue spirituel que financier à l’encontre de leur communauté, le synode recommande aux prêtres de traiter leurs paroissiens avec respect en tenant compte de leurs avis et d’utiliser leurs compétences et leur expérience dans l’animation de leur paroisse.
Le P. Park a souligné que tous les débats entre les membre du comité synodal s’étaient déroulés dans le respect, « sauf, a-t-il ajouté, l’idée mise en avant de voir les évêques élus et non nommés ». Il a reconnu que certains termes employés étaient « ambigus » mais, a-t-il souligné, ils n’ont rien de définitif. Le « document final », a-t-il dit, s’étoffera avec l’apport d’autres experts et sera plus précis.
Autre son de cloche
A l’encontre de l’optimisme du P. Park, un des employés salariés de l’Eglise s’est entretenu avec l’agence Ucanews. Sous le couvert de l’anonymat, il a fait remarquer que le synode ne dit rien des « problèmes importants » du diocèse tel que l’autoritarisme du clergé, le manque de transparence des finances, l’absence de projets précis et concrets sur la délégation de certains pouvoirs aux laïcs et le développement du laïcat lui- même. Ce chrétien, qui a participé au synode du commencement à la fin, a montré aussi que, pratiquement, rien n’a été fait en vue d’une meilleure lecture « des signes des temps », tant du point de vue sociologique que théologique. Le synode, dit-il, a juste accompli « une battue à l’entour du fourré », faute d’une démarche scientifique et par crainte d’aborder les questions critiques à l’égard du diocèse. (apic/eda/pr)
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