Zimbabwe Les Eglises offriront un soutien psychologique aux victimes de la violence
Harare, le 21 juillet 2003 (Apic) Les principaux organismes religieux du Zimbabwe ont lancé un projet pour venir en aide aux victimes de la violence politique qui ravage ce pays d’Afrique australe depuis trois ans. Il s’agira principalement de structures d’assistance psychologique.
Le pasteur Patson Netha, membre du comité organisateur du projet, a précisé que l’initiative visait à promouvoir « la réconciliation nationale » en apportant un soutien psychologique aux survivants d’actes de violence et aux autres personnes traumatisées par la violence.
Le projet, qui est parrainé par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a reçu l’appui de la Communauté évangélique du Zimbabwe (EFZ), du Conseil des Eglises du Zimbabwe et de la Conférence des évêques catholiques du Zimbabwe.
« Nous avons eu divers cas de personnes qui ont été brutalisées, mutilées ou tuées sans que rien ne soit fait », a déclaré Patson Netha, ancien secrétaire exécutif de l’EFZ, au quotidien indépendant « Daily News ». « Dans certains cas, les victimes connaissent ceux qui ont tué leurs proches et cherchent en silence à se venger. C’est à partir de ce contexte que nous devons, en tant qu’organisations religieuses, commencer à bâtir de nouvelles relations, et le processus de réconciliation nationale est le meilleur moyen d’aller de l’avant », a-t-il souligné.
Selon le pasteur Netha, les dirigeants de plusieurs Eglises chrétiennes ont déjà commencé à suivre des cours de formation en soutien psychologique. C’est ensuite au sein de leurs communautés respectives qu’ils seront chargés de venir en aide à ceux qui ont souffert directement ou indirectement de violence de nature politique.
A la fin du mois de juin, l’évêque Trevor Manhanga, président de l’EFZ, a confirmé au correspondant d’ENI qu’il avait été invité à participer à ce projet qui, à ses yeux, « n’est encore qu’à ses débuts ».
Augmentation des violences depuis 3 ans
Le Zimbabwe glisse vers l’anarchie depuis février 2000, date à laquelle des bandes d’anciens combattants de la guerre d’indépendance des années 70 ont commencé à envahir des exploitations agricoles. Ils ont pris pour cibles les propriétés de fermiers blancs, accusant ceux-ci d’avoir incité la population à rejeter un projet de constitution rédigé par une commission dont les membres avaient été choisis par le président Robert Mugabe.
L’une des clauses de ce projet de constitution aurait autorisé le gouvernement à s’emparer d’exploitations agricoles commerciales sans indemniser leurs propriétaires. Après l’occupation des fermes, les militants – auxquels étaient venus s’ajouter des jeunes sortis de camps d’entrainement nationaux – s’en sont pris aux partisans des partis d’opposition et à tous ceux en qui ils voyaient des ennemis du gouvernement.
Des organisations de défense des droits de la personne et d’autres organisations non gouvernementales attribuent aux militants la mort d’au moins 160 personnes et le déplacement de milliers d’autres depuis le milieu de l’an 2000. (apic/eni/sh)
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