Lettre de la CES au président Pascal Couchepin

Suisse: Les évêques suisses préoccupés par la situation au Congo RDC

Fribourg, 23 juillet 2003 (Apic) La guerre en République Démocratique du Congo (RDC) «a pris au cours des derniers mois une tournure génocidaire», écrivent les évêques suisses dans une lettre adressée au président de la Confédération suisse, Pascal Couchepin. La Conférence des évêques suisses (CES) se déclare préoccupée par les dernières nouvelles en provenance de la RDC. Dans sa lettre au Conseiller fédéral valaisan, elle demande à la Suisse de soutenir les initiatives de paix et d’aider ce pays matériellement.

Dans sa lettre signée par son présidium, Mgr Amédée Grab, président, Mgr Kurt Koch, vice-président, et Mgr Norbert Brunner, membre, la CES attire tout particulier l’attention sur ce qui se passe à Bunia, chef-lieu de l’Ituri (est de l’ex-Zaïre), et rappelle l’appel du cardinal Frédéric Etsou, daté du 17 juin dernier à l’adresse de Mgr Amédée Grab. président de la CES.

L’archevêque de Kinshasa écrivait: «La situation de la République démocratique du Congo en général, et à Bunia en particulier, devient très préoccupante et m’oblige à tirer la sonnette d’alarme afin de m’aider à faire entendre les cris de détresse que lancent au monde entier ces hommes, femmes et enfants, qui sont égorgés, violés, torturés, etc. . ; et par manque de quoi manger, ils n’hésitent plus à se nourrir de chaire humaine ! . Les gens qui fuient devant la mort, qui abandonnent leurs maisons et villages, transportant avec eux des blessés de tout genre, se sont réfugiés au sein de l’évêché de Bunia, ainsi que dans d’autres bâtiments publics de Bunia .»

Les évêques suisses attirent l’attention du Conseiller fédéral Couchepin sur «cet Etat en proie à des barbaries atroces et touché par une guerre qui a pris au cours des derniers mois une tournure génocidaire». Ils s’inquiètent en constatant que les organismes de charité publics ou rattachés à l’Eglise manquent de moyens pour soigner les blessés et les malades, pour enterrer les morts, loger et nourrir les déplacés de guerre.

Pour un engagement de la Suisse

Les prélats suisses se disent conscients de la difficulté d’engager une aide directe et immédiate. «Mais nous osons tout de même vous demander s’il y a des possibilités, du côté de l’Etat, d’aider ce pays non seulement matériellement, mais aussi dans le sens d’un engagement pour la paix, d’un soutien à toutes les personnes collaborant à une pacification de cette nation et d’une aide pour rendre fonctionnelles les infrastructures de la RDC».

Les évêques font par de leur «soulagement» de savoir que «des troupes de l’ONU sont censées garantir une présence pour maintenir un minimum de paix sur place et pour améliorer les structures politiques du gouvernement de ce pays si vaste», et demandent si cette initiative ne pourrait pas faire l’objet d’un engagement accru de la Suisse?

Les prélats concluent en saluant le projet de la Cour Pénale Internationale (CPI) de mettre l’accent dès le début de son activité sur la recherche des crimes de guerre commis dans le cadre du conflit actuel en RDC. Les évêques voient là un encouragement à croire «que justice sera faite et qu’une aide internationale efficace pourra changer la situation actuelle».

L’arrivée il y a un mois à Bunia d’un contingent de paix onusien sous l’égide de la France maintient un certain calme dans la localité, mais un grand nombre de villages environnants (tels que Nizi, Tchomia, Fataki) ont été récemment la cible d’attaques de milices armées. (apic/com/pr)

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