Le vrai visage de l’ex-dictateur

Guatemala: Rios Montt menace après sa mise à l’écart politique par une Cour de justice

Guatemala Ciudad, 23 juillet 2003 (Apic) L’ex-dictateur Efraín Ríos Montt a lancé un avertissement, après un premier feu vert de la Cour constitutionnelle à sa candidature à la présidence.

« Nous arrivons à un point où nos sympathisants pourraient perdre le contrôle durant les manifestations », a-t-il dit. La dure réaction de l’ancien général aux mains rouges de sang aux dires de ses adversaires fait suite à la nouvelle décision de la Cour Suprême de suspendre son inscription dans les listes électorales, acceptant à l’unanimité un recours présenté par les partis d’opposition, Unité Nationale de l’Espoir (UNE) et Mouvement Réformateur (MR).

Bien que la sentence ne soit pas définitive, elle est en contradiction avec le verdict de la Cour Constitutionnelle, qui a accordé à Ríos Montt, le 14 juillet, l’autorisation de se présenter aux élections.

« La décision de la Cour Suprême équivaut à un coup d’Etat technique » a grondé l’ex-dictateur, « la seule instance à avoir le dernier mot est la Cour Constitutionnelle », présidée par le juge Guillermo Ruiz, proche du Front Républicain guatémaltèque (FRG), le parti au pouvoir.

La décision de la CC a été durement contestée par une grande partie de la société civile guatémaltèque, en particulier par les groupes de défense des droits de l’homme, comme le Groupe de Soutien Mutuel (GAM) qui réunit les associations des familles des dizaines de milliers de victimes et de « disparus » de la guerre civile, qui refusent catégoriquement le retour sur la scène de l’ancien homme fort du pays, accusé de crimes contre l’humanité durant ses deux ans de pouvoir au début des années 80.

A propos de la Charte de 1987

Selon ces organisations, la Charte Constitutionnelle de 1987 doit être déterminante. Elle interdit à quiconque qui a pris le pouvoir par la force de se présenter à l’élection présidentielle.

« Rios Montt est décidé à ne pas abandonner, même si les protestations contre sa candidature augmentent de jour en jour » explique à l’agence Misna une source proche de la société civile. « L’ex-dictateur a des appuis dans des secteurs clés du pays, comme dans l’armée, mais la majorité de la population est contre lui et déteste sa rhétorique agressive et populiste contre la Constitution » poursuit l’interlocuteur, selon lequel il est improbable que les menaces de l’ex-dictateur se concrétisent, même si la société guatémaltèque est traversée par de fortes tensions ».

Selon ce représentant de la société civile, être élu président représente pour Ríos Montt la dernière occasion d’échapper à un procès pour crimes contre l’humanité. (apic/misna/pr)

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