Rome: Le Saint-Siège entend redonner à l’ONU le rôle qui est le sien sur la scène mondiale
Rome, 24 juillet 2003 (Apic) Le Vatican entend redonner à l’ONU et au droit international les rôles qu’ils devraient assumer sur la scène internationale, après le camouflet infligé aux Nations Unies par les Etats- Unis et son allié de Londres dans la guerre contre l’Irak. Elle en a du reste fait son thème pour la prochaine Journée mondiale de la paix.
Le Conseil Pontifical Justice et Paix prépare le terrain. Un communiqué du Saint-Siège publié en ce mois de juillet soulignait que «l’humanité se trouve face à un défi crucial: si elle ne réussit pas à se doter d’institutions réellement efficaces, pour conjurer le fléau de la guerre, le risque est que le droit de la force l’emporte sur la force du droit».
Le président du Conseil Pontifical Justice et Paix, Mgr Renato Martino, observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU durant 16 ans, explique l’enjeu de ce message et les raisons de la relance du multilatéralisme et le «rôle irremplaçable des Nations Unies pour conjurer le fléau de la guerre».
Mgr Martino: Mon expérience aux Nations Unies m’a convaincu de l’importance de ce forum, le seul qui, par sa représentativité, peut offrir une plate- forme de dialogue au niveau mondial. Dans ce sens, il s’agit d’une organisation irremplaçable. Le Saint-Siège n’a pas manqué de la soutenir. Pour preuve la récente lettre du secrétaire d’Etat, le cardinal Angelo Sodano au secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan. Le thème de la prochaine Journée mondiale de la Paix veut souligner la valeur du droit dans le cadre des relations internationales à partir d’un principe essentiel: pacta sunt servanda.
Q.: Mais les Nations Unies, telles qu’elles sont aujourd’hui vous semblent- elles en mesure de jouer ce rôle vital ou une réforme – attendue depuis longtemps et encore éludée – semble de plus en plus urgente?
Mgr Martino: Depuis longtemps, on parle de la nécessité de réformer l’ONU à différents niveaux. Le Saint-Siège est convaincu, et cela ne date pas d’aujourd’hui, que le bien commun mondial doit être recherché avec des structures adéquates ayant une compétence universelle. C’est l’enseignement très clair de Pacem in Terris dont nous avons commémoré le 40e anniversaire. Il me semble que les réformes devraient aller dans deux directions: améliorer le fonctionnement du conseil de sécurité; l’ONU devrait mieux garantir un ordre et une sécurité, non seulement d’un point de vue politique et militaire, mais aussi dans le domaine économique et social.
Q.: Par exemple?
Mgr Martino: Les nouvelles problématiques concernant la protection de l’environnement et de la santé réclament des mesures urgentes et respectées par tous.
Q.: Qu’est-ce que le conseil pontifical entend faire pour assurer le suivi de la prochaine du thème proposé lors de la prochaine Journée mondiale de la Paix?
Mgr Martino: Le dicastère que j’ai l’honneur de présider se sent profondément engagé dans la promotion des conditions qui favorisent la réalisation de la perspective dessinée par le pape avec le choix du thème pour la prochaine Journée mondiale de la Paix. Deux réunions se tiendront cet automne dans le cadre des Nations Unies, toutes deux sous le signe de Pacem in Terris: la première aura lieu à New York, avec la participation de Kofi Annan, secrétaire général des Nations Unies, et l’autre à Paris, avec la participation de Koichiro Matsuura, directeur général de l’UNESCO. (apic/zn/pr)
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