Le gouvernement doit d’examiner les revendications des mutins

Philippines: Des responsables d’Eglise philippins montent au créneau après la mutinerie

Manille, 30 juillet 2003 (Apic) Plusieurs responsables d’Eglise philippins ont appelé le gouvernement à examiner les revendications des soldats exprimées durant leur mutinerie, qui s’est achevée dimanche 27 juillet.

« Examinez leurs demandes et préservez notre démocratie », a déclaré l’archevêque catholique de Cotabato, Mgr Orlando Quevedo, lors d’une interview accordée à « Radio Veritas ».

Environ 300 soldats, dont 70 jeunes officiers, ont levé dimanche soir le siège d’un centre commercial et résidentiel

Le cardinal Jaime Sin, archevêque de Manille, a lui aussi demandé au gouvernement d’examiner « toutes les revendications » présentées par les soldats mutins.

« Ce qui s’est passé dimanche pourrait se reproduire si le gouvernement n’entreprend pas de réformes sérieuses au sein de l’armée », a dit le cardinal Sin durant une messe célébrée le 29 juillet, à laquelle assistaient des représentants du gouvernement, et notamment la présidente Gloria Macapagal Arroyo.

Le cardinal Sin a félicité les soldats d’avoir exprimé leurs griefs, tout en condamnant les moyens utilisés qu’il a qualifiés d’immoraux et illégaux.

Les soldats avaient pris le contrôle du centre commercial et résidentiel luxueux aux premières heures de l’aube le dimanche. Ils accusaient le gouvernement de vendre des armes et des munitions aux séparatistes islamiques et aux rebelles communistes, et d’avoir organisé cette année des attentats meurtriers pour obtenir une aide supplémentaire des Etats-Unis.

Ils reprochaient aussi au gouvernement d’avoir facilité la fuite de Fathur Rohman Al-Ghozi, un Indonésien accusé d’avoir organisé des attentats à Manille en décembre 2000, pour justifier une application de la loi martiale en août.

Efforts insuffisants

Les déclarations des soldats montrent que « nos efforts pour une bonne gouvernance sont encore insuffisants », a fait remarquer Mgr Dinaldo Gutierrez, président de la Commission catholique pour l’action sociale, « justice et la paix ». Il a appelé le gouvernement à « mettre en place des réformes authentiques et durables, en particulier face à la corruption ».

L’évêque Allan Rey Sarte, de l’Eglise unie du Christ aux Philippines, a également parlé dans le même sens: « Si les soldats dénoncent la corruption, la médiocrité de leurs salaires et le manque d’avantages, les masses des travailleurs ont toutes les raisons de se plaindre de la pauvreté, du chômage et de la criminalité dont elles sont victimes », rapporte l’Agence oecuménique ENI.

Le gouvernement philippin a bien entendu démenti les allégations des mutins en accusant des politiciens de l’opposition d’être à l’origine de la mutinerie. La présidente Arroyo a promis de mettre en place une commission indépendante pour examiner les allégations et revendications des soldats. (apic/eni/pr)

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