Les politiques catholiques appelés à s’y opposer

Rome : Ferme opposition du Saint-Siège à la légalisation des couples homosexuels

Rome, 31 juillet 2003 (Apic) Le Vatican manifeste une opposition claire et ferme à la légalisation des unions homosexuelles dans une note de dix pages intitulée « Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles, rendue publique jeudi 31 juillet 2003. Il rappelle « le devoir moral » des hommes politiques catholiques de s’y opposer par tous les moyens, y compris par l’objection de conscience.

Ce texte, signé le 3 juin par le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, ne contient pas de nouveautés doctrinales sur l’homosexualité. Elle propose cependant une « argumentation rationnelle » destinées aux hommes politiques catholiques, dit le document du Saint-Siège, appelés à s’opposer « de manière claire et incisive » à toute légalisation des couples homosexuels.

Selon l¹introduction de cette note approuvée par Jean Paul II le 28 mars dernier, l¹homosexualité est « un phénomène moral et social inquiétant » qui l’est plus encore « dans les pays – le Canada étant le dernier à l’avoir fait – qui ont déjà accordé une reconnaissance légale aux unions homosexuelles ou qui entendent le faire, incluant même dans certains cas, la capacité d’adopter des enfants ».

Nature et caractéristiques essentielles du mariage

Rédigée en quatre points, cette note doctrinale rappelle en premier lieu la « nature et les caractéristiques essentielles du mariage », décrit ensuite les « attitudes vis-à-vis du problème des unions homosexuelles », propose des « argumentations rationnelles contre la reconnaissance juridique des unions homosexuelles » et aborde enfin les « comportements » que doivent adopter les hommes politiques catholiques « vis-à-vis des législations favorables aux unions homosexuelles ».

Le texte – qui complète un autre document de cette même congrégation publié le 16 janvier dernier – la Note doctrinale sur certaines questions à propos de l’engagement et du comportement des catholiques dans la vie politique – a pour objectif principal de proposer aux fidèles catholiques et surtout aux catholiques engagés en politique, une argumentation détaillée contre cette reconnaissance juridique.

Il ne contient certes rien de nouveau quant à la position de l’Eglise catholique face aux homosexuels, mais rappelle les points doctrinaux selon lesquels les hommes et les femmes ayant des tendances homosexuelles « doivent être accueillis avec respect, compassion, délicatesse » et qu¹il faut éviter à leur égard « toute marque de discrimination injuste » (§ 2359 du Catéchisme de l’Eglise catholique).

La note rappelle en outre que l¹inclination homosexuelle est « objectivement désordonnée » et que les pratiques homosexuelles sont « des péchés gravement contraires à la chasteté ».

Contraste

« Aucune idéologie ne peut effacer de l’esprit humain cette certitude: le mariage n’existe qu’entre deux personnes de sexe différent qui, par le moyen de la donation personnelle réciproque, propre et exclusive, tendent à la communion de leur personne », affirme le document qui souligne ainsi que « les relations homosexuelles contrastent avec la loi morale naturelle ».

Pour l’Eglise catholique, « la conscience morale » exige ainsi d’être, « en chaque occasion, témoin de la vérité morale intégrale à laquelle sont contraires aussi bien l’approbation des relations homosexuelles que la discrimination injuste vis-à-vis des personnes homosexuelles ». «  A ceux qui, sur la base de cette tolérance, précise-t-elle, veulent procéder à la légitimation de droits spécifiques pour les personnes homosexuelles qui cohabitent, il faut rappeler que la tolérance du mal est bien autre chose que son approbation ou sa légalisation ».

Pour Rome, il s’agit de distinguer le « comportement homosexuel comme fait privé, et le même comportement comme relation sociale prévue et approuvée par la loi, au point de devenir une des institutions du système juridique ». Le deuxième phénomène est jugé « plus grave et revêt une portée beaucoup plus vaste et profonde ».

A propos de l’ordre biologique et anthropologique

Dans son argumentation sur l’ordre biologique et anthropologique, la note affirme que « ces unions ne sont pas en mesure d’assurer de manière adéquate, la procréation et la survivance de l’espèce humaine » et que la fécondation artificielle « impliquerait de graves manquements au respect de la dignité humaine et ne changerait rien à cette inadéquation ».

Concernant l’adoption, le document relève que « l’absence de la bipolarité sexuelle crée des obstacles à la croissance normale des enfants éventuellement insérés au sein de ces unions, auxquels manque l’expérience de la maternité ou de la paternité ». « Insérer des enfants dans les unions homosexuelles au moyen de l’adoption », signifie donc « leur faire violence, en ce sens qu’on profite de leur état de faiblesse pour les placer dans des milieux qui ne favorisent pas leur plein développement humain ».

Le droit à l’objection

Pour le Saint-Siège, la responsabilité des hommes politiques catholiques est donc de s¹opposer « de manière claire et incisive » au fait « d’assimiler juridiquement les unions homosexuelles au mariage ». Il faut en outre, souligne-t-il, « s’abstenir de toute forme de coopération formelle à la promulgation ou à l’application de lois si gravement injustes, et autant que possible ne pas coopérer matériellement à leur application ». En la matière, est-il précisé, « chacun peut revendiquer le droit à l’objection de conscience ». Pour la note, « le parlementaire catholique a le devoir moral d’exprimer clairement et publiquement son désaccord et de voter contre ce projet de loi.

Et le document de préciser : « Accorder le suffrage de son vote à un texte législatif aussi nuisible pour le bien commun de la société serait un acte gravement immoral ». En outre, « dans le cas où le parlementaire catholique se trouverait en présence d’une loi favorable aux unions homosexuelles déjà en vigueur, il doit s’opposer par les moyens qui lui sont possibles et faire connaître son désaccord: il s’agit pour lui de rendre un vrai témoignage à la vérité ».

Indéfendable

Alors que la Hollande et la Belgique ont déjà reconnu les mariages homosexuels et que le Canada a publié un projet de loi en ce sens, le document souligne que « la légalisation des unions homosexuelles aurait comme résultat l’obscurcissement de la perception de certaines valeurs morales fondamentales et la dévaluation de l’institution matrimoniale ». De plus, « de telles unions sont nuisibles pour le juste développement de la société humaine, et elles lui nuiraient dans la mesure où augmenterait leur incidence effective sur le tissu social ».

En conclusion, le texte de la Congrégation pour la doctrine de la foi insiste sur le fait que « reconnaître légalement les unions homosexuelles ou les assimiler au mariage, signifierait non seulement approuver un comportement déviant, et par conséquent en faire un modèle dans la société actuelle, mais aussi masquer des valeurs fondamentales qui appartiennent au patrimoine commun de l¹humanité ». Pour cette raison, « l’Eglise ne peut pas ne pas défendre de telles valeurs pour le bien des hommes et de toute la société ».

Réactions favorables des évêques allemands

La conférence épiscopale de l’Eglise catholique allemande, réunie à Bonn (ouest), a salué jeudi le document du Vatican. Le cardinal Karl Lehmann, qui présidait cette conférence, a toutefois mis en garde contre toute discrimination des homosexuels, qui doivent être « traités avec attention et tact ».

Coïncidence ? A noter que le document signé par le cardinal Ratzinger le 3 juin correspond au jour de la fête de saint Charles Lwanga, ce jeune garçon de 21 ans assassiné avec ses compagnons par un roi homosexuel en Ouganda en 1885 et canonisé en 1964 par le pape Paul VI (apic/imedia/pr)

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