Mongolie: Retour du religieux depuis une dizaine d’années
Oulan-Bator, 4 août 2003 (Apic) Au début du XXe siècle plus de la moitié de la population masculine vivait dans des monastères bouddhistes. Puis il y a eu la révolution communiste en 1920: moines exécutés et monastères rasés. Depuis la fin du communisme il y a une dizaine d’années, les mongols redécouvrent la religion, celle du bouddhisme traditionnel, mais aussi le christianisme qui connaît une expansion fulgurante.
Puravbat, un éminent moine bouddhiste âgé de 96 ans, est l’un des rares survivant des purges durant lesquelles des milliers de moines ont trouvé la mort. Des fosses communes récemment mises à jour à proximité de la capitale Oulan Bator en témoignent. Nombres de crânes portent l’impact de la balle tiré par le bourreau, indique le correspondant local de la BBC.
Les moines bouddhistes s’efforcent de retranscrire les sutras (textes sacrés portant sur les codifications rituelles) et de reconstituer les enseignements séculaires. Si les monastères sont bien fréquentés par une jeunesse à la recherche de ses racines, « la plupart de ces jeunes gens qui viennent faire tourner les moulins à prières n’ont pas la moindre idée de ce qu’ils font » commente Puravbat. Cet analphabétisme religieux amène les jeunes mongols à se tourner vers d’autres spiritualités.
L’émergence du christianisme
Les Eglises chrétiennes, toutes confessions confondues, ont le vent en poupe. Elles attirent principalement des jeunes issus des couches sociales les plus défavorisées. Un vaste réservoir: la Mongolie a un produit national brut par habitant d’environ 1’500 dollars (en comparaison celui du Japon dépasse les 23’000 dollars).
La croissance du christianisme est telle que la totalité de ses divers groupements dépassent le nombre des organisations bouddhistes. Une tendance qui inquiète l’élite du pays, attachée à un bouddhisme conservateur.
Quelques organisations chrétiennes ont d’ailleurs accusé le gouvernement de mener des campagnes pour lutter contre les conversions. Une accusation démentie par le Premier ministre mongol Nambariin Enkhbayar, lui-même bouddhiste fervent. Il reconnaît cependant que « les différences religieuses sont difficiles à gérer, car chaque religion se définit elle-même en terme de vérité ultime. » (apic/bbc/sh)
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