Maroc: Vers une abolition de la peine de mort au Maroc ?
Rabat, 10 août 2003 (Apic) Les instances judiciaires marocaines étudient actuellement la possibilité d’abolir la peine de mort dans le royaume. C’est ce qu’a récemment annoncé le ministre de la Justice, Mohamed Bouzoubaâ, lui-même favorable la suppression de la peine capitale.
«Je serai parmi ceux qui applaudiront l’abrogation de la peine capitale au Maroc», a notamment déclaré le ministre. Il a ainsi pris position sur les condamnations à mort prononcées par les tribunaux marocains. qui jugent des islamistes pour leur participation présumée à des attentats, qui ont fait plus de 40 morts le 16 mai dernier à Casablanca.
Cette déclaration a été saluée par les organisations nationales de défense des droits de l’homme du Maroc. Abdel Hamid Amin, président de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) espère qu’il ne s’agit pas «que d’une déclaration d’intention». Le pays compte en effet 152 condamnés à mort.
L’AMDH a demandé que ces condamnations à mort ne soient pas exécutées, en attendant l’abrogation définitive de la peine capitale. Elle a appelé le gouvernement à ratifier le 10e protocole additif au pacte internationale sur le droit politique civil, qui abroge la peine de mort. «Nous estimons que si le ministre a annoncé cette nouvelle, il a dû avoir l’aval du Palais royal», a encore souligné Abdel Hamid Amin, dans une interview sur Radio France Internationale.
Contexte peu favorable
Le quotidien marocain, «L’Economiste» a pour sa part rapporté que Mohamed Bouzoubaâ a jeté «un pavé dans la marre». Il ouvre une brèche dans «un dossier resté jusque-là tabou». Le quotidien précise que sa déclaration «est un véritable calcul politique», car le contexte actuel n’est pas favorable à l’annulation de la peine de mort au Maroc, encore sous le choc des attentats de mai.
Déjà, le 12 juillet dernier, la Cour d’appel de Casablanca a prononcé 10 condamnations à la peine capitale. Parmi les 1’042 personnes poursuivies dans le cadre des attentats du 16 mai, beaucoup d’entre elles seront condamnées à mort, assure l’analyse du quotidien.
Pour les partisans de l’abolition, la non-exécution de la peine de mort est aussi néfaste que son application. Ils rappellent dans les colonnes de «L’Economiste» les souffrances qu’endurent les condamnés dans l’attente de l’exécution de la sentence. De son vivant, le roi Hassan II avait commué la peine capitale de 194 prisonniers en peine d’emprisonnement et le souverain n’avait ordonné aucune exécution. (apic/ibc/sh)
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