Suisse: L’évêque de Bâle critique le parti démocrate-chrétien suisse PDC
Zurich, 11 août 2003 (Apic) La ligne du parti démocrate-chrétien suisse (PDC), qui conserve le «C» de chrétien dans sa dénomination, déplairait à l’évêque de Bâle, selon la «SonntagsZeitung». Le PDC est dans la ligne de mire de Mgr Kurt Koch dans le cadre du débat suscité par le récent document du Vatican «Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles».
Le document, qui suscite des réactions négatives ou pour le moins réservées de nombreux parlementaires dans plusieurs pays – dont des députés PDC suisses – , est destiné aux hommes politiques catholiques et aux évêques du monde entier. Il s’oppose à la légalisation des unions homosexuelles qui est de plus en plus répandue et souligne le devoir moral des hommes politiques catholiques de refuser de telles lois.
Jouant sur le sigle allemand du parti (CVP), Mgr Koch a estimé dimanche dans les colonnes de la «SonntagsZeitung» qu’en raison des développements observés depuis des années – que ce soit dans la question du régime des délais en matière d’avortement ou dans les questions sociales et économiques – , le parti démocrate-chrétien aurait besoin d’un examen de compatibilité avec le christianisme, «eine Christentum- Verträglichkeitsprüfung» (CVP).
L’évêque de Bâle estime que le PDC devrait s’interroger dans ces domaines sur ce que signifie vraiment le «C» dans son nom, étant donné la tendance à réduire de plus en plus la foi à une affaire strictement privée. A son avis, on ne peut pas s’appeler d’un côté chrétien et de l’autre dire tout le temps que la foi n’a rien à voir avec la politique.
Pour le vice-président de la Conférence des évêques suisses, si le PDC perd de plus en plus son profil chrétien, il doit s’attendre à de nouveaux reculs électoraux lors des élections fédérales d’octobre prochain, selon le journal édité à Zurich.
Conscience formée
Mgr Koch rappelle que tout catholique est obligé d’abord de lire le document de la Congrégation pour la doctrine de la foi sur les unions homosexuelles avant de porter un jugement. Il ne peut se contenter de s’appuyer sur ce qu’en disent les médias, mais il doit au contraire se demander après lecture ce qu’un tel document signifie pour sa conscience. Il s’agit pour l’évêque de Bâle de savoir comment on oriente sa conscience. La conscience a certes toujours le dernier mot, mais elle doit être formée et orientée et connaître ce qu’elle juge.
Tout croyant chrétien, et pas seulement l’homme politique, est appelé à traduire ses convictions fondamentales en conscience politique. Cela vaut pour l’ensemble de la politique sociale. Dans ce domaine, le pape est bien plus progressiste que la moyenne des catholiques en Suisse, lâche Mgr Koch, car il rappelle la priorité absolue de l’homme sur le travail et du travail sur le capital. Le pape Jean Paul II est très critique face à l’actuel libéralisme économique. Mais, regrette l’évêque de Bâle, cette attitude très souvent n’est même pas prise en considération par le PDC.
Un pape moins conservateur que la moyenne des catholiques suisses
Mgr Koch regrette que l’image du pape qu’en ont les croyants catholiques moyens est influencée par les médias. Cette image est présentée par les grands médias de façon «toute à fait unilatérale» et par conséquent de manière fausse: «un pape conservateur qui s’occuperait avant tout de questions sexuelles».
Des responsables politiques du PDC ont rejeté les accusations de Mgr Koch. Ainsi la conseillère nationale démocrate-chrétienne argovienne Doris Leuthard estime qu’on peut comprendre la position de l’Eglise catholique, mais qu’elle se situe «en dehors de la réalité». Et d’affirmer: «Nous devons reconnaître qu’il y a des relations entre personnes du même sexe et que ce n’est pas une maladie». D. Leuthard est membre de la Commission juridique du Conseil national qui planche actuellement sur une loi devant régler au plan suisse le statut du partenariat enregistré.
Mgr Koch proteste contre l’article de la «SonntagsZeitung»
Dans un communiqué publié dimanche sur le site internet du diocèse de Bâle, Mgr Koch proteste contre l’article de la «SonntagsZeitung», affirmant que ses propos ont été sortis de leur contexte et que le journal a tenté d’»instrumentaliser» sa personne contre le PDC. Et l’évêque de Bâle de souligner que la critique adressée au PDC et la formulation d’exigences et d’attentes à son égard n’équivalent pas à un rejet. (apic/sz/com/job/be)
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