Genève: Le COE veut débattre de la «reconfiguration du mouvement oecuménique»

Nécessité de réformer les structures à l’entrée dans le 21e siècle

Genève, 11 août 2003 (Apic) Un colloque destiné à débattre de la « reconfiguration du mouvement oecuménique » pour le 21ème siècle est convoqué par le Conseil oecuménique des Eglises (COE). C’est l’Eglise apostolique arménienne qui accueillera du 17 au 20 novembre 2003 à son siège d’Antélias, au Liban, cette rencontre souhaitée par le pasteur Konrad Raiser, secrétaire général du COE.

Aux yeux du COE, le concept central de l’oecuménisme demeure, mais les structures oecuméniques demandent à être réexaminées pour suivre l’évolution des temps et gagner en efficacité face aux nouveaux défis. Il faut chercher désormais à éviter la duplication inutile d’activités entre les diverses organisations et à améliorer la cohérence de la perspective et du témoignage oecuméniques. Il également nécessaire, estime le pasteur Raiser, que les structures soient plus ouvertes et plus souples Cette conviction a conduit le secrétaire général du COE à chercher ensemble de nouveaux modèles du travail oecuménique au niveau national, régional et mondial.

Dans sa lettre d’invitation, Konrad Raiser remarque que la dimension même des organisations oecuméniques actuelles, les nouvelles occasions de contact avec les mouvements de base et la société civile, ainsi que les réalités financières auxquelles de nombreuses organisations se trouvent confrontées, indiquent la nécessité d’un débat.

Les objectifs de ce colloque sont notamment d’analyser les principaux problèmes posés par le monde en transformation, et leurs conséquences pour le mouvement oecuménique, et d’élaborer un processus de consultation et d’étude. Ce processus doit aboutir à un rapport sur la reconfiguration du mouvement oecuménique qui sera présenté au Comité central de 2005 et ultérieurement à l’Assemblée du COE en 2006.

Un colloque de jeunesse qui doit se tenir juste avant la réunion sur la reconfiguration permettra à des jeunes (qu’ils soient actuellement responsables oecuméniques ou qu’ils soient appelés à l’être dans l’avenir) d’apporter au débat leurs perspectives et leurs idées.

Le danger du repli identitaire

Dans son rapport de 2002, Konrad Raiser donnait les raisons pour lesquelles il est nécessaire d’aborder maintenant la question de la reconfiguration. Le « succès » de l’oecuménisme a fait que de nombreuses Eglises ont intégré cette perspective dans la conception qu’elles ont d’elles-mêmes. Et pourtant, – a-t-il remarqué -, le repli identitaire est également en augmentation, lorsque des Eglises cherchent à accentuer leur profil institutionnel pour des raisons de visibilité et de participation, et également pour obtenir un soutien financier dans une société civile marquée par la concurrence.

La perspective oecuménique, telle qu’elle s’est exprimée depuis les débuts du mouvement au siècle passé – le COE a été fondé officiellement en 1948 à Amsterdam -jusqu’à nos jours, n’inspire et ne mobilise plus les gens, et surtout pas les jeunes, a dit Konrad Raiser. En outre, les structures actuelles ne sont pas reliées à certains aspects les plus passionnants du travail oecuménique à la base, comme, par exemple, le mouvement des foyers mixtes, des projets oecuméniques au niveau local, des communautés oecuméniques, etc.

Mais l’une des principales raisons qui rendent ce débat nécessaire, c’est la complexité des structures oecuméniques actuelles et le manque de liens entre elles. Au début du mouvement oecuménique, un certain nombre de courants oecuméniques différents (comme Foi et Constitution et le Conseil missionnaire international) ont été intégrés dans le COE. Mais au cours des dernières décennies, de nombreuses organisations et structures oecuméniques nouvelles ont été créées, souvent par le COE lui-même, pour répondre à des besoins et à des contextes particuliers. Parmi ces initiatives, on trouve : des conseils régionaux et nationaux d’Eglises; la Conférence des secrétaires généraux des Communions chrétiennes mondiales; des groupes de travail avec l’Eglise catholique romaine et, plus récemment, avec les Evangéliques et les Pentecôtistes; le Forum chrétien mondial; l’ACT (Action commune des Eglises); l’EAA (Alliance oecuménique « Agir Ensemble »).

Alors qu’il existe des liens entre ces organisations et après plusieurs tentatives en vue d’en coordonner les activités, Konrad Raiser estime qu’il faut aller plus loin. En d’autres termes – dit-il – le débat sur la reconfiguration doit redécouvrir le sens d’un mouvement oecuménique. « L’essor du mouvement oecuménique a dépassé les Eglises en tant qu’institutions organisées et il a été dominé par l’institutionnalisme. Il nous faut donc songer à une nouvelle configuration, plus souple et plus réactive. »

Proposer un modèle alternatif à celui de la globalisation

Cette nouvelle thématique trouve ses racines dans une préoccupation de longue date. Le document « Vers une compréhension et une vision communes du Conseil oecuménique des Eglises » (CVC), adopté par le Comité central en 1997, en a été le point de départ. Le CVC, comme l’évolution du Forum chrétien mondial, les travaux de la Commission spéciale sur la participation des Orthodoxes au COE et le groupe d’étude sur la qualité de membre du COE, tout cela révèle l’apparition d’une mentalité et d’une culture organisationnelle oecuméniques nouvelles. Konrad Raiser suggère même que, « cela pourrait nous permettre d’élaborer et de proposer un modèle alternatif à celui de la globalisation « . (apic/coe/com/be)

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