Le retour aux « bantoustans » de tristes réputations

Jérusalem : Le mur de « sécurité » israélien violement dénoncé par le COE

Jérusalem, le 15 août 2003 (Apic) Le Conseil oecuménique des Eglises (COE) et les Eglises membres sont extrêmement préoccupées par la création du mur dit de sécurité par Israël, a déclaré Peter Weiderud, directeur de la Commission des affaires internationales du COE, au cours d’une conférence de presse donnée jeudi à Jérusalem.

Pour le directeur de la Commission des affaires internationales du COE, ce mur « de sécurité » de huit mètres de haut, ainsi que la zone de 50 à 150 mètres qui l’entoure, construit par Israël autour des zones palestiniennes, pourrait créer « des sortes de bantoustans ». Comme ceux qui existaient sous le régime de l’apartheid en Afrique du Sud, s’inquiète-t-il. Au cours de sa conférence de presse, tenue après une visite de représentants du COE dans la région, Peter Weiderud a vigoureusement attaqué le projet israélien. Le COE, a ajouté Peter Weiderud, craint que l’édification de cette barrière de « sécurité » ne soit la première étape du renforcement de la présence d’Israël en Cisjordanie et ne fasse des zones palestiniennes autonomes des Etats « fantoches ».

Selon lui, « ceci pourrait transformer l’occupation (israélienne de la Cisjordanie) en une situation définitive ». « Le mur pourrait faire de toutes les régions palestiniennes concernées des bantoustans, auxquels Israël pourrait fermer la porte en tout temps ».

Israël a commencé à construire cette ligne de « sécurité » de plus de 300 kilomètres l’an dernier après une série d’attentats-suicides commis par des Palestiniens.

Selon les autorités israéliennes, ce mur n’est pas destiné à marquer les futures frontières d’un Etat palestinien, mais à « empêcher les Palestiniens de venir de Cisjordanie, où ils vivent pour la plupart, et de lancer d’autres attentats terroristes ». Quant aux Palestiniens, ils dénoncent la construction de ce mur qui traversera leur territoire et entravera leurs activités économiques. Le COE craint que le mur ne devienne une frontière politique. Faisant apparemment référence à la chute de Berlin en Allemagne, Peter Weiderud a déclaré que la construction de la ligne de sécurité ne correspondait pas à la situation actuelle.

« Alors que dans le monde entier, les barrières ou les murs s’effondrent ou ne sont plus d’actualité, ici, nous assistons à la création d’un mur. Les gens n’ont plus accès à leurs biens, ni à leur gagne-pain. La vie quotidienne normale sera perturbée. Les droits fondamentaux sont violés, car les gens n’auront plus accès à leurs moyens d’existence ». (apic/eni/pr)

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