Les nouveaux mouvements religieux comme réponse à la crise

Etats-Unis: Pour le cardinal Stafford, la crise de l’Eglise est une crise de la vie paroissiale

Boston, 19 août 2003 (Apic) La crise de l’Eglise est une crise de la vie paroissiale, de l’avis du président du Conseil pontifical pour les laïcs à Rome. « La crise des abus sexuels au sein du clergé a mis en évidence la nécessité d’un renouveau de la vie paroissiale qui se fait sentir depuis longtemps », indique le cardinal américain J. Francis Stafford, de passage à Boston.

Dans une interview accordée à l’hebdomadaire de l’archidiocèse de Boston, « The Pilot », le cardinal Stafford loue les mouvements de renouveau dans l’Eglise, comme les « Focolari » et le « Chemin Néocatéchuménal », qui sont pour lui une réponse à la crise. A ses yeux, la floraison des nouveaux mouvements de laïcs dans l’Eglise est le développement le plus significatif et le plus positif depuis le Concile Vatican II.

Beaucoup d’espoir dans le « Chemin Néocatéchuménal »

Le cardinal Stafford, qui connaît le « Chemin Néocatéchuménal » depuis 1980 – il l’avait invité à venir s’installer dans l’archidiocèse de Denver – affirme que ce mouvement est « une des meilleures expressions, une des meilleures proclamations du Mystère Pascal que l’Esprit ait données à l’Eglise moderne ». Malgré le fait que de si nombreuses personnes aux Etats- Unis émettent des objections concernant le « Chemin Néocatéchuménal », le cardinal américain se déclare convaincu que les moyens d’un renouveau dans l’Eglise se trouvent dans les nouvelles communautés « et aussi auprès du Néocatéchuménat ».

Pour ce proche collaborateur du pape, ces nouveaux mouvements se sont développés pour faire face à des besoins très spécifiques des laïcs, notamment le besoin d’un approfondissement de la spiritualité. Dans de nombreux cas, estime-t-il, les laïcs ont ressenti qu’ils ne pouvaient pas satisfaire ce besoin de spiritualité au sein des paroisses. D’autre part, ils ont également ressenti le besoin de mettre davantage en évidence leur propre désir d’évangéliser le monde, que ce soit le monde de l’économie, de la politique, de l’université ou des syndicats.

La foi est-elle compatible avec la culture libérale post-moderne ?

Le cardinal américain encourage la proposition de rassembler les évêques américains – que ce soit lors de la réunion d’un Concile plénier ou d’un Synode national des évêques sous la présidence du pape – dans le but de répondre en profondeur aux problèmes à l’origine de la crise. Mgr Stafford déclare qu’une telle rencontre devrait analyser dans quelle mesure la foi est compatible avec la culture contemporaine. Qu’il qualifie dans le monde occidental de « culture libérale nietszchéenne » individualiste.

« Selon mon jugement, je pense qu’il y a de nombreux éléments dans cette culture post-moderne qui peuvent être qualifiés d’hostiles au mariage chrétien, à la compréhension chrétienne de la justice et de la charité, et à la compréhension chrétienne de la vertu ». Pour le cardinal américain, un aspect de la relation entre la foi et la culture post-moderne est le rapport entre la politique et la conscience chrétienne.

Et de rappeler à ce propos le récent document du Saint-Siège qui a fait tant de bruit dans certains milieux politiques catholiques, intitulé « Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles ». Ce texte affirme que les politiciens catholiques ont l’obligation de s’opposer à la légalisation des unions de personnes du même sexe. Un manquement dans ce domaine est qualifié par Rome de « gravement immoral. »

Cuomo et Kennedy, de mauvais exemples pour les politiciens chrétiens

Pour le politicien catholique qui vit pleinement son baptême, poursuit-il, il est impossible que Dieu doive être simplement une étiquette pour le système, qu’il soit politique ou économique. « Ce n’est pas la compréhension catholique de Dieu ». Le cardinal, à ce propos, souligne que des politiciens catholiques comme le gouverneur démocrate Mario Cuomo ou le président John Kennedy ont rendu un très mauvais service au laïcat catholique en montrant un chemin qui limite le rôle de Dieu à celui de créateur et de rédempteur de toute l’humanité. Et pour les politiciens catholiques aujourd’hui, croire que des gens comme Cuomo et Kennedy sont des guides pour leur conscience les met en totale contradiction avec le magistère et la tradition catholiques, insiste le cardinal de la curie romaine.

« Nombre de problèmes que nous connaissons au sein du clergé, spécialement les abus sexuels, sont dus à une crise non pas seulement aiguë, mais à une crise qui dure depuis longtemps au sein des paroisses », relève le cardinal. « Une partie de la crise vient du fait que les gens ne ressentent pas réellement de l’amour au sein de la paroisse, qui est plutôt un lieu où on ne se fait pas assez confiance les uns les autres pour être capables de faire l’expérience de l’amour de Jésus qui pardonne ». (apic/cns/pilot/na/be)

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