Suisse: L’OSAR poursuit sa compagne de formation contre la xénophobie

Depuis 5 ans 30’000 personnes ont «appris la solidarité»

Berne, le 19 août 2003 (Apic) «La solidarité s’apprend!» C’est ce qu’a affirmé l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) le 19 août à Berne, lors de la présentation des résultats de sa campagne de lutte contre la xénophobie. Depuis 1998, 30’000 personnes ont bénéficié du programme intitulé «A l’école de la solidarité». L’OSAR entend poursuivre sa démarche en la développant davantage dans les milieux professionnels et de formation d’adultes.

Si l’initiative Schwarzenbach sur la restriction des étrangers était à nouveau votée, 44% des jeunes suisses l’accepteraient, contre 24% de leurs parents et 27% de leurs grands-parents. Ces statistiques publiées par le Département fédéral de la défense et principalement basées sur un questionnaire distribué à 18’000 recrues, permettent à l’OSAR de souligner l’importance de son programme.

Depuis 1998, l’organisation fait un travail ciblé de sensibilisation et d’information sur les réfugiés et l’asile avec son projet de formation «A l’école de la solidarité», rebaptisé aujourd’hui «Exil/Asile/Intégration».

Lors d’une conférence de presse donnée le 19 août à Berne, l’OSAR a présenté les résultats de sa campagne. Jusqu’à aujourd’hui, plus de 30’000 personnes – des jeunes, des jeunes adultes en formation ainsi que des professionnels dans les domaines du travail social, de la médecine et de l’enseignement – ont participé aux journées de sensibilisation et ont analysé d’un oeil critique les clichés de «l’Albanais prompt à sortir le couteau» et de «l’Africain trafiquant de drogues».

Apprendre ce que signifie fuir son pays, comprendre l’asile et ses raisons, faire soi-même l’expérience des difficultés de s’intégrer dans un pays étranger constitue les point fort du programme de formation de l’OSAR.

De bons résultats confirmés par une évaluation scientifique

En 2002, l’OSAR a fait évaluer son projet de formation et d’animation contre la xénophobie. La pédagogue Miryam Eser Davolio et la sociologue Monique Eckmann de l’Institut genevois des études sociales (IES) ont interrogé des participants, immédiatement après une journée de projet puis deux mois plus tard.

Selon leur analyse, l’offre de formation et d’animation de l’OSAR a un effet de «sensibilisation tangible». Elle «augmente la tolérance face aux réfugiés et aux requérants d’asile et induit un effet d’apprentissage durable».

Les scientifiques soulignent que «de manière générale, le niveau d’information des participants sur la situation des réfugiés ou la problématique de l’asile est plutôt faible. Le programme de formation de l’OSAR produit un effet d’apprentissage solide sur la durée. En outre, par le biais des contacts interpersonnels, les parents, proches et amis des participants bénéficient indirectement des connaissances et compétences acquises par ceux-ci», indique l’évaluation.

Un programme appelé à durer

L’OSAR a décidé de réinvestir dans les années à venir les expériences positives faites avec son projet «A l’école de la solidarité» dans la formation professionnelle et la formation des adultes. En 2002 et 2003, elle a déjà organisé une journée d’introduction sur les soins transculturels à l’attention des professions médicales. Dans la phase test, ce module de sensibilisation a eu «un fort retentissement», indique l’organisation. (apic/com/sh)

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